La saga de Google en Chine

2006-04-18 07:39:23, par Hyacinthe MENIET - [Général]

Le marché de l'Internet chinois a au minimum deux particularités qui mobilisent l'intérêt de Google. En premier, il se compose d'environ 100 millions de personnes ce qui en fait le deuxième marché au monde, juste derrière les Etats-Unis. Ensuite, sur ce marché, Google n'effectue « que » 27% des recherches contre 46.5% pour www.baidu.com , le leader sur ce segment. Pour s'imposer sur ce marché juteux, Google fait preuve de beaucoup de bonnes volontés. Premièrement, en Chine Google change de nom. En effet, son nom, traduit en mandarin, signifierait « vieux chien ». Si « chien » cadre bien avec la stratégie agressive de Google, je suis un peu plus réservé sur « vieux », Google est du même avis, ça tombe bien. A la place Google annonce « Gu Ge » pas très éloigné phonétiquement et qui signifierait « chanson de la vallée » ou « chanson des récoltes ». D'un point de vue purement marketing c'est mieux. Cependant l'habit ne fait pas le moine, c'est pourquoi Google a récemment lancé la version sinisée de son moteur de recherche, à savoir google.cn qui applique les restrictions du régime communiste et bloque l'accès à certains contenus aux internautes chinois.

Je peux comprendre les rouages économiques qui poussent le leader des moteurs de recherche à se plier ainsi aux exigences d'un gouvernement. En effet, Google sait bien qu'il ne s'imposera pas s'il ne s'aligne pas comme Yahoo! et MSN Search l'ont fait avant lui. Néanmoins je m'interroge sur les répercussions de ce filtrage en Chine en particulier et sur le pouvoir que nous utilisateurs donnons à Google en faisant de lui notre principale porte d'entrée sur Internet, en général. Il faut par exemple savoir que la requête « tibet » est censurée en Chine. Le gouvernement Chinois ne reconnaît pas les Tibétains en tant que peuple, il censure donc tous les documents qui iraient dans ce sens.

L'information contenue dans les bases de Google est in fine sa propriété, c'est donc lui qui décide du prisme sous lequel il nous la présente. Lorsque ce dernier est inféodé à un parti politique ou à un gouvernement, il ne propose que les articles conformes à la doctrine de ce parti ou de ce gouvernement. Si Google l'accepte pour la Chine, je ne serai pas surpris qu'il l'accepte pour les Etats-Unis ou la France, par exemple. Mon avis sur la question est qu'Internet est une immense source d'information dont les moteurs de recherche sont les portes d'entrée. Cela ne doit pas nous empêcher d'avoir du recul sur l'information qu'ils nous donnent. Je pense qu'il faut prendre la peine d'en utiliser régulièrement plusieurs et pas uniquement les plus connus. Mais surtout ne pas hésiter à confronter leurs résultats, surprises garanties !

Red Hat rachète JBOSS

2006-04-11 07:35:53, par Hyacinthe MENIET - [Java/J2EE]

Red Hat a confirmé sur son site qu'il venait d'acquérir JBOSS. Parlons argent, quelques lignes : Le montant de la transaction est d'environ 350 millions de dollars, sur lesquels il convient d'ajouter une part variable de l'ordre de 70 millions de dollars. Cette part sera proportionnelle aux performances de JBOSS dans la mesure où le rapprochement sera finalisé à la fin du premier trimestre de l'exercice fiscal en cours. 40% du montant sera versé en cash et 60% sous forme d'action Red Hat.

Ce rapprochement est somme toute assez cohérent, ce sont deux entreprises actives dans l'open source, complémentaires et leaders sur leurs segments respectifs. Red Hat est principalement un distributeur de systèmes d'exploitation à base de noyau Linux. Il édite la distribution RHEL (Red Hat Enterprise Linux) sur laquelle il greffe du support, de la formation et des services de conseils à ses clients dans le monde entier. Il participe également à de nombreux projets open source comme le noyau Linux et la distribution Fedora. De son côté JBOSS propose le serveur d'application J2EE éponyme et open source. Il rentabilise ses investissements en vendant du service et des abonnements liés à son serveur d'application.

Grâce à ce serveur d'application maison intégré au système d'exploitation maison, les utilisateurs de RHEL connectés au serveur peuvent utiliser à distance des applications en réseau, installées de manière centrale et non sur chaque poste. Ceci hisse Red Hat au niveau de SUN et dans une moindre mesure d'IBM qui conserve l'avantage de proposer également une base de données maison. A quand le rachat de MySQL ? Ou le rachat par Oracle ? Par ailleurs il serait intéressant de connaître les réactions des ex. Je parle de Novell actuel second des distributeurs Linux qui proposait déjà JBOSS et JOnAS le serveur d'application d'ObjectWeb précédemment distribué sous forme de « stack » par Red Hat.

Ceci n'est pas un poisson d'avril

2006-04-01 08:47:04, par Hyacinthe MENIET - [Insolite]

J'ai appris que suite à un bug informatique, l'ensemble des votes pour la dernière émission de la « Nouvelle star » étaient caduques. Un peu de contexte : la « Nouvelle star » est un divertissement télévisé présenté par Benjamin Castaldi. Il met en scène quatre tortionnaires, le jury : Marianne James, Manu Katché, Dove Attia, André Manoukian et des candidats qui acceptent d'être humiliés pour passer à la télé. Les candidats sont éliminés les uns après les autres, par le vote des téléspectateurs, jusqu'à la victoire du dernier candidat. Retour au bug : suite à ce problème informatique, M6 a décidé d'annuler les résultats et de reverser les bénéfices au Sidaction.

Je demeure perplexe devant le nombre croissant de candidats à des émissions de « téle-réalité ». Bien-sûr, les chaînes de télévision font tout pour accroître leur audience et nourrir les conversations autour de la machine à café. Elles vont jusqu'à laisser croire que tout le monde peut atteindre la célébrité en exposant sa vie ou en se ridiculisant en public. Néanmoins cela n'explique pas pourquoi depuis le « loft » et au vu des déboires que connaissent les anciens participants à ces émissions, le nombre de candidats continue de croître. Je pense que tout le monde sait qu'il y a peu d'élus et qu'il y en aura de moins en moins. Non, le nouveau moteur des nouveaux candidats n'est plus la recherche de la notoriété mais le refus de l'anonymat. Pour être exposé même quelques minutes certains sont prêts à braver la fascination morbide et la curiosité malsaine des autres. Triste époque !