2006-06-14 07:03:49, par Hyacinthe MENIET - [Général]
Depuis 10 ans la proportion d'admis oscille entre 75% et 80% des candidats au bac. Ces chiffres sont à mettre en perspective avec les 33% d'étudiants qui obtiennent leurs DEUG (diplôme bac+2 généraliste) en 2 ans. Il y a 10 ans l'enseignement scientifique mettait l'accent sur le savoir fondamental ce dernier était sensé faciliter l'évolution de carrière. Aujourd'hui les programmes fondamentaux ont été allégés en terme de volume horaire et donc de contenu. A la place on a multiplié les types de bacs, via des options et au profit de matières qui n'existaient pas il y a 10 ans. Le but étant que chaque élève se construise le bac qui correspond le mieux à ses capacités. Fatalement avec un tel système, le bac devient plus accessible. En effet, il suffit de choisir les options qui vous avantage le plus et pour lesquels les coefficients vous sont le plus favorable pour garantir votre réussite à l'examen. J'enfonce des portes ouvertes.
Cet état laisse supposer que le bac a aujourd'hui moins de valeur qu'il y a 10 ans ou qu'il est moins consistant et ce serait aller vite en besogne. Au demeurant, je suis d'accord avec l'assertion selon laquelle le diplôme du baccalauréat a moins d'importance aujourd'hui qu'il y a 10 ans. Pour la simple raison que la proportion de lycéen qui y réussisse a augmentée pour une tranche d'âge donnée. Néanmoins je suis de ceux qui pensent que le bac 2006 est bien plus consistant que l'examen comparable d'il y a 10 ans. Je m'explique, les baccalauréats ont été agrémentés de nouvelles matières tel l'informatique ou l'enseignement de langues exotiques à l'instar du chinois. Cet enrichissement s'est fait au détriment des matières secondaires. Par exemple en terminale scientifique on a rogné sur les heures accordées à l'histoire/géographie, pour les redistribuer aux matières optionnelles. Mais in fine, l'étudiant moyen titulaire d'un baccalauréat 2006 a un spectre de connaissance bien plus étendu que son semblable de 1986. Et ça, c'est bien !
Je pense qu'en attaquant le baccalauréat on se trompe de cible, ce dernier même s'il n'est pas exempt de tout reproche n'a jamais été aussi complet et autant en adéquation avec la complexité grandissante de nos sociétés. Le fait qu'une proportion importante de jeunes adultes le valide est plutôt encourageant, car cela signifie que les nouvelles générations sont plus instruites que les précédentes. N'en déplaise aux grincheux. Le problème, en France, c'est la conception très bizarre que nous avons de l'enseignement. Les bacs techniques ou professionnels sont trop souvent considérés comme des solutions de repli, on les choisit quand on ne peut rien faire d'autre. Seuls les filières généralistes trouvent grâce à nos yeux. Conséquence, des centaines d'emplois ne trouvent pas preneur et on s'alarme devant le chômage des jeunes ?
Chers futurs bacheliers, gardez bien à l'esprit que le baccalauréat n'est qu'une étape surtout si vous décrochez un bac général. Il s'agit d'une clé qui peut ouvrir une ou plusieurs portes. Une fois que vous vous serez engagé dans l'une, toutes les autres se refermeront, alors cogitez un peu, avant de vous décider!
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2006-06-02 07:46:52, par Hyacinthe MENIET - [Politique]
Si vous lisez notre livre, vous comprendrez qu'on parie plutôt sur Ségolène !
C'est la réponse de Cécile Amar co-auteur de « Ségolène & François - Biographie d'un couple » à la question « Pensez-vous que François Hollande a le charisme pour devenir Président ? ». Amateur de joutes verbales, les pré-campagne, campagne et élection présidentielle sont souvent propices à de savoureux échanges entre candidats. En direct ou par presse interposée. C'est aussi l'occasion d'entendre siffler quelques balles perdues comme celle ci-dessus, qui ridiculise à elle seule les espoirs présidentiels de François Hollande si tant est qu'il en ait eu. Au moment où j'écris ce billet, à un peu moins d'un an de l'élection présidentielle donc, on peut discriminer les (futurs) candidats en deux catégories. Les « donnés finalistes » et les autres. Je me suis amusé à tirer le portrait des deux candidats en tête des sondages. Une espèce de photographie individuelle qui tient compte de ce que je sais du personnage. Désolé pour les autres candidats, mais vous le savez, on ne prête qu'aux riches.
Honneur à la dame, débutons par Ségolène Royal. Sa force, elle est une femme, sa faiblesse, elle est une femme. Je m'explique, avec la vague de féminisation des dirigeants, le fait d'être une femme et d'être à gauche joue indiscutablement en sa faveur. Sa popularité est essentiellement basée sur sa sympathie et sur le rejet de la paléo-politique, celle où les mâles dominants gouvernaient sans tenir compte des attentes du peuple. Les mêmes mâles dominants, cadres du PS cette fois, l'ont raillée et ce faisant ont accru sa popularité auprès des sondés. Malheureusement pour elle et probablement à cause de sa féminité affirmée, elle apparaît dans les sondages comme une personne manquant de fermeté, une personne incapable de prendre des décisions difficiles.
C'est consciente de ce déficit d'image, que Ségolène Royal a proposé publiquement des recettes musclées contre la délinquance des jeunes. La manoeuvre politique est évidente : en asséchant son adversaire, ici Nicolas Sarkozy, sur son terrain, elle décrédibilise sa candidature et elle s'ouvre la voie la royale vers l'Elysée ! Personnellement, je trouve cette dérive droitière, très inquiétante. J'en parle dans un billet précédent et j'en discutais récemment avec un ami. A la fin de notre conversation, nous aboutissions à la conclusion que les couches sociales les plus faibles votaient majoritairement à droite. En effet, ces couches représentent la part la plus importante de la population, les politiques s'évertuent donc à leur servir le plat de nouilles qui leur convient le mieux. Entre deux extrêmes, Ségolène Royal devra choisir, elle aura du mal à s'assurer le soutient de l'aile gauche du PS avec de telles positions. Vivement novembre, pour avoir l'épilogue.
Terminons par Nicolas Sarkozy. Sa force, il est petit donc teigneux, sa faiblesse, il est petit donc teigneux. Nicolas Sarkozy est un excellent orateur et contradicteur, il parle avec conviction et sait trouver les mots qui font mouche dans l'opinion. En bien comme en mal, soit dit en passant. Sa méthode en politique : l'attaque frontale et c'est probablement la clé de son succès. Nicolas passe auprès des futurs électeurs comme un homme neuf qui dit tout haut ce que la majorité rumine en silence. Malheureusement pour lui, sa hargne et son côté bulldozer l'ont souvent empêché de voir jusqu'à l'évidence.
Sa dernière victime : les étrangers. C'est un classique dans l'humanité d'imputer aux étrangers tous les maux de nos sociétés : ils achètent nos maisons, ils font de la spéculation immobilière, ils volent nos emplois, ils touchent nos allocations familiales et j'oublie les plus belles perles. Face à cette détresse, il ne s'agit pas de rester sourd et sur ce point Nicolas Sarkozy a raison et Lionel Jospin avait tort. Mais en tant que responsable politique il faut tarir le problème à la source. L'immigration clandestine ne s'arrêtera pas juste parce qu'un ministre aura décidé de choisir ses immigrés ou parce qu'on aura mis plus de policiers aux frontières, les USA en savent quelques choses. L'immigration clandestine n'est pas une fatalité et tout le monde préfère vivre chez soi, tant que c'est viable. Ici comme là-bas, ce qui pousse les gens à s'exiler, c'est l'espoir d'une vie meilleure. De nombreux français vivent ou travaillent en Suisse, pour ce motif, preuve que ce n'est pas caractéristique des pays pauvres. Autre exemple, les agriculteurs en Europe et aux USA sont protégés et subventionnés. Le producteur de café colombien, en Colombie ne l'est pas. Mondialisation oblige, tout se petit monde se retrouve en concurrence. Cherchez l'erreur.
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