2007-12-28 19:39:06, par Hyacinthe MENIET - [Général]
Dotmyself est un site qui je l'espère se dévoile comme éclectique, précisément par la variété des domaines embrassés (e.g. politique, économie, écologie, social, informatique ...). C'est pourquoi faire un bilan sur ce blog n'est pas aisé dans la mesure où ce bilan devrait restituer cette diversité. Tant pis, je me lance et je fais mon bilan de 2007. Je précise d'emblée que les points que je mets en lumière dans ce billet ne sont pas nécessairement les points les plus marquants de l'année 2007. Même pour moi. Je pense par exemple que la mort de Benazir Bhutto est bien plus grave que la sortie de Mac OS X 10.5. Simplement je vais rester cohérent avec l'esprit du blog et je me bornerai aux thèmes que j'aborde d'habitude. De plus, je vais tenter d'éviter un bilan plat, celui qui se contente d'énumérer une série d'épisodes. Au contraire, je m'efforcerai de mettre en perspective tous les items abordés.
Politique
Oui l'année 2007 a été très politique et je vous fais une confidence, 2012 le sera aussi. Je m'explique : Ceux qui apprécient les bons films au cinéma, savent que deux ingrédients sont indispensables à la fabrication d'un bon cru : l'intrigue et la distribution.
Commençons par l'intrigue, la réflexion qui a été menée pendant la dernière cohabitation : Chirac vs Jospin, a conduit à raccourcir le mandat présidentiel de sept à cinq ans et à rapprocher les élections présidentielle et législative. L'idée sous-jacente étant de faire coïncider la légitimité présidentielle et la majorité parlementaire. En clair, sans forcer leurs talents, les hommes politiques avaient l'assurance de tenir notre attention pendant au minimum 1 an. C'est en effet l'intervalle que couvrent les campagnes, les élections et l'état de grâce du président élu. Je pense que les mêmes causes produisent les mêmes effets, à quelques événements près, c'est pourquoi je pense que mécaniquement, 2012 sera au moins aussi politisée que 2007.
Intéressons-nous à la distribution : Grâce à Nicolas Sarkozy la droite est décomplexée, aujourd'hui être de droite n'est plus un tabou ni un gros mot mais est pleinement assumé par ceux qui le sont. C'est une bonne nouvelle, car on se rapproche du mythe de l'électeur moderne, l'individu lucide vis-à-vis de ses aspirations, débarrassé au maximum des artifices et des pressions extérieures, votant « en son âme et conscience ». En revanche ce que je trouve moins réjouissant c'est que cette saine affirmation, ait eu des dommages collatéraux :
- J'ai l'impression à entendre et à lire certains, que la gauche de gouvernement (e.g. le Parti Socialiste, le Mouvement Républicain et Citoyen, le Parti Radical de Gauche …) est à son tour complexée. En décoinçant la droite, Nicolas Sarkozy a fait grandir dans l'esprit de la gauche de gouvernement l'idée selon laquelle, pour se rénover, elle devrait se « droitiser ». Ceci pour coller aux attentes des français et quitte à se couper de son aile la plus à gauche. C'est très habile politiquement mais c'est absurde comme idée, pour deux raisons. Premièrement le résultat de la dernière élection présidentielle montre qu'il y a globalement autant de personnes à gauche qu'à droite et qu'en réalité Nicolas Sarkozy a battu Ségolène Royal parce qu'il était meilleur qu'elle (ou plus affûté diront certains). Ensuite et enfin, pour se rénover l'Union pour un Mouvement Populaire a fait exactement l'inverse de ce qui est suggéré à la gauche. En proposant un discours ferme et sécuritaire à propos de l'immigration, l'UMP a attiré une partie des électeurs du Front National sans se couper de ses électeurs traditionnels. Le PS devrait pouvoir faire le même grand écart mais à gauche et sans difficulté. Avis aux socialistes qui me lisent.
- J'ai lu le programme du candidat Nicolas Sarkozy et j'y ai trouvé de nombreuses bonnes idées. En revanche je suis plus réservé sur l'exécution dudit programme. Je m'explique : je n'ai rien contre la communication gouvernementale et je trouve hyper creux le qualificatif « hyper-président ». Simplement, j'ai remarqué que la dernière élection présidentielle avait générée beaucoup d'attentes et qu'une partie d'entre elles se muaient progressivement en déceptions faute de résultats à la hauteur des espérances. Dixit les enquêtes d'opinion. De plus, pour reprendre l'analogie avec le cinéma ci-dessus, en général le fait que l'acteur principal d'un film soit contraint d'apparaître souvent à l'écran, est le signe d'une faiblesse dans le scénario. Avis aux UMP qui me lisent.
Pour finir, si 2007 a été une année politique, 2008 sera à priori sociale avec un agenda social très chargé. Pêle-mêle : la modernisation du marché du travail, la reforme de la formation professionnelle, l'individualisation du temps de travail, les modalités des allégements des charges patronales, la représentativité des organisations syndicales, la reforme du régime général des retraites, sont au programme. A suivre.
Ecologie
Le bilan écologique de 2007 m'apparaît assez contrasté. En première lecture, il est plausible que 2007 marque un tournant dans la prise en compte des revendications écologiques dans les politiques économiques et dans les débats sur l'avenir de la planète. Pour preuve en janvier, le Groupe d'Experts Intergouvernemental sur l'Evolution du Climat (e.g. le GIEC, traduction en français de l'anglais Intergovernmental Panel on Climate Change, IPCC) lançait à Paris un avertissement sur l'ampleur du changement climatique et les dérèglements qu'il suscitera. En décembre, la conférence de Bali sur le réchauffement climatique de l'ONU adoptait à l'arrachée, une feuille de route associant pour la première fois, pays industrialisés et nations en développement à la réduction des émissions polluantes. Plus près de nous, le Grenelle de l'environnement a été un succès salué par tous même si depuis des divergences sont apparues.
En seconde lecture, force est de constater que nous stagnons malheureusement au stade la prise de conscience. Je concède volontiers que la prise de conscience est une étape importante mais devant l'ampleur de la tâche et l'accélération du réchauffement climatique, il me semble raisonnable de réclamer des solutions plus rapidement ? Ce qu'il faut bien comprendre c'est que s'il est en compétition avec d'autres sources d'énergie pour la production d'électricité et de chauffage, le pétrole demeure incontournable pour les transports et vital pour la très prospère industrie pétrochimique. La hausse actuelle du prix du pétrole s'inscrit dans un contexte de raréfaction des réserves mais quand le prix du pétrole flambe, l'exploitation de gisements jadis réputés difficiles, devient rentable. C'est pourquoi quoiqu'ils en disent, les pétroliers ont aussi intérêt à ce que le cours du baril de pétrole reste élevé. Et ils ont encore plus intérêt à ce que nous continuons à consommer ce pétrole cher. D'où pollution automobile exacerbée. Là où une attitude écologiste aurait consister à travailler de concert avec les constructeurs d'automobiles pour rentabiliser des carburants plus renouvelables.
Plus généralement, je note une meilleure appropriation des ressorts écologiques (e.g. les gestes quotidiens qui font du bien à la planète). Côté discours officiels, nous sommes passé de l'archaïsme de l'écologie répressive ou de la négation pur et simple des enjeux, à une écologie plus responsable et incitative. Je pense à l'éco-pastille qui est une progression même si imparfaite. Bilan ? Positif mais peut mieux faire.
Economie
De mon point de vue, l'évènement économique majeur en 2007 a été la crise du subprime. Je m'accorde quelques lignes pour expliquer de quoi il s'agit. Aux Etats-Unis comme en France, l'acceptation d'une demande de crédit repose sur deux éléments : la solvabilité de l'emprunteur et la valeur de la garantie. Cette dernière pouvant être le logement acheté, dans le cas d'un prêt avec hypothèque par exemple. Aux Etats-Unis la valeur d'un bien immobilier est estimé par un expert et la fiabilité de l'emprunteur est noté par une société. Le marché prime est ouvert aux personnes bien notées. Le subprime accueille les candidats rejetés du prime. Les clients d'un crédit subprime payent leurs emprunts plus chers de 2 à 3 % et généralement avec un taux variable. Pour limiter les risques d'inflation, la réserve fédérale américaine, l'équivalent de notre Banque Centrale Européenne (BCE) a augmenté plusieurs fois son taux directeur en 2006 et en 2007. C'est-à-dire que les banques américaines lui achetaient l'argent nécessaire aux crédits, plus cher. Ces dernières ont naturellement répercutées ces hausses de taux sur les crédits à taux variables, rendant des emprunteurs à la limite de la solvabilité, insolvables. Parallèlement à cela, la demande de biens immobiliers s'est asséchée ce qui fait que les biens hypothécaires ont perdu de la valeur rendant la possibilité de remboursement par revente du bien immobilier, hypothétique. C'est la crise du subprime.
Comme vous l'avez compris, la crise du subprime est principalement une crise de liquidité et de confiance entre acteurs de la spéculation. C'est pourquoi les banques centrales Américaine, Européenne, Anglaise, Chinoise … se sont coordonnées pour re-injecter de la liquidité dans les circuits et parfois corriger les taux directeurs. Même si la France a été relativement épargnée par cette crise il est intéressant de noter que la France participe à une économie mondialisée. C'est ainsi qu'une crise qui affecte un gros consommateur de ressources externes comme les Etats-Unis a inévitablement des répercussions sur un producteur comme la France et notamment sur sa croissance.
Terminons par un peu de social dans ce monde d'économie. Plus près de nous, 2007 induit une inflexion dans la vision collective que nous avions du travail. En effet, en reportant les négociations sur les régimes spéciaux au niveau des entreprises concernées et en plaçant la négociation sur les 35H ainsi que les heures supplémentaires entre le chef d'entreprise et son employé, le gouvernement a individualisé les traitements et les parcours. A ce stade, je pense qu'il est trop tôt pour se prononcer sur le résultat de ces mesures. En effet, il ne vous aura pas échappé qu'en tant que salarié vous êtes plus fort face à l'employeur lorsque vous négociez en groupe mais d'un autre côté, l'échec du communisme a démontré qu'il était impossible d'être tous riches en même temps. A suivre en 2008.
Informatique
De l'actualité informatique cette année, j'ai retenu deux événements :
Les sorties de Windows Vista et Mac OS X 10.5 (Leopard). Je précise que Windows Vista a été officiellement proposé aux entreprises dès le 30 novembre 2006, j'en parle dans le bilan 2007 parce que la version grand public, donc celle qui me concerne, date de janvier 2007. De son côté Apple commercialise Mac OS X 10.5 depuis le 26 Octobre 2007. J'ai la chance d'utiliser les deux, car je suis un vieil utilisateur de PC et je dispose d'un MacBook Pro sous Léopard. De mon point de vue ces deux systèmes d'exploitation proposent l'expérience utilisateur la plus aboutie chacun dans sa famille. Si je devais les comparer, je dois reconnaître que Leopard regorge de petits détails et de gadgets qui simplifient la vie et procurent un sentiment de finition bien supérieur à celui de Windows Vista.
Le redéploiement de la taxe pour la copie privée. J'en parle plus longuement dans ce billet et je ne me répèterai pas. Je me borne à constater que si cette taxe est appliquée dans de nombreux pays sous des formes diverses, elle est située à un taux particulièrement élevé en France. De là à penser que c'est en France que les pirates sont les plus virulents ou que les artistes français sont les meilleurs au monde, il n'y a qu'un pas que je pense la commission d'Albis a franchie. Dans tous les cas, Le Syndicat des industries de matériels audiovisuels électroniques (Simavelec) et le webmarchand Rueducommerce ont saisi le Conseil d'État pour faire annuler la redevance pour copie privée appliquée depuis le 1er octobre sur les clés USB, cartes mémoire et disques durs externes. A suivre en 2008.
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2007-11-07 07:37:52, par Hyacinthe MENIET - [Informatique]
Si vous êtes coutumier de l'actualité sur Internet, alors vous avez probablement lu des articles relatifs aux réseaux sociaux (adaptation en français de « social network system ») que sont Myspace, Bebo, FaceBook, Orkut, Viadeo ? Si non, notez simplement que ce sont des sites de communautés. C'est-à-dire qu'ils fédèrent des groupes de personnes ayant en commun : une passion, des goûts musicaux, un métier, une langue ... Pour se développer ces sites mises sur le bouche-à-oreille ou le clavier-à-écran, au choix. Concrètement, le nouvel inscrit envoie des messages invitant des membres de son propre réseau personnel (physique ou virtuel) à rejoindre le site. Chaque invité répète à son tour le processus, accroissant mécaniquement le nombre de membres et de liens dans le réseau.
Les réseaux sociaux proposent traditionnellement à leurs adhérents des mises à jour automatiques de carnet d'adresses, la visualisation de profils personnels, la possibilité de former de nouveaux liens par des services d'introduction et d'autres formes de raccordements sociaux en ligne. C'est l'expansion virale. Tous ces sites démarrent du postulat qu'il est plus enrichissant pour un individu d'être connecté à une variété de réseaux eux même liés les uns aux autres que d'être membre d'un forum ou d'une communauté monocolore. En effet, nous appartenons tous à de petits réseaux d'amis, de partenaires, de collègues … sur lesquels nous pouvons nous appuyer pour élargir notre horizon professionnel ou rencontrer des personnes avec lesquels nous partageons des passions. Les petits réseaux dont je parle ci-dessus peuvent être réels, comme des amis que nous visitons physiquement, sinon virtuels, exemple des amis avec lesquels nous dialoguons exclusivement sur Internet. Quoiqu'il en soit en connectant ces réseaux personnels sur Internet et en naviguant dans les réseaux des autres, nous accroissons notre potentiel et notre horizon. Et c'est pour ça que ces sites battent régulièrement des records de fréquentation. Dans ce billet je brosse un tour d'horizon des communautés et je présente les appétits qui s'aiguisent en coulisses.
Mon expérience personnelle ne me permet pas de dire avec précision quand a éclos le premier réseau social sur Internet, la légende veut que cette distinction revienne à www.classmates.com un site qui permet de garder le contact avec d'anciens copains d'école. C'était en 1995. Aujourd'hui sur la majorité des réseaux sociaux, la construction de profil est libre ainsi que la possibilité de définir le niveau d'opacité des informations que vous y insérez (Qui peut consulter votre profil ? Quelles parties de votre profil sont publiques ? ...) . De plus, la mise en relation sociale nécessite la confirmation des deux parties concernées. Certains réseaux sociaux proposent des fonctionnalités supplémentaires, telles que la possibilité :
- de créer des groupes qui partagent des intérêts communs
- de télécharger des vidéos
- de dialoguer par forums, chat, email ...
- de géolocaliser les autres membres
- ...
Pour décrire un phénomène en expansion il suffit généralement de présenter deux points :
Le point le plus dense : c'est Myspace. C'est un réseau généraliste qui dénombre plus de 200 millions d'inscrits. Les études récentes sur la fréquentation des sites sur Internet indiquent que Myspace serait parmi les dix sites les plus visités au monde, toutes catégories, langues et pays confondus. Ça laisse rêveur.
Le point le plus mobile : c'est FaceBook. C'est actuellement le réseau qui a la meilleure presse. Il a la particularité de publier un ensemble d'API (e.g. Interface de programmation) nommée FaceBook Platform. Ces API permettent aux développeurs externes d'enrichir la plateforme via des modules. FaceBook était initialement un réseau réservé aux étudiants de Harvard, il a récemment muté en réseau généraliste, ce qui n'est pas étranger à son succès.
De mon point de vue il n'y a rien de conceptuellement nouveau dans les réseaux sociaux, c'est simplement un moyen mis à notre disposition pour accomplir ce que nous faisions déjà mais plus efficacement. Ils n'en constituent pas moins la nouvelle coqueluche d'Internet. Comme tout phénomène à la mode, ils permettent de cliver les internautes en deux camps : ceux qui y participent et les autres. Cette situation conduit souvent les deuxièmes à s'inscrire dans des communautés pour ressembler aux premiers sinon à former leur propre réseau social, ce qui revient à alimenter le système. Bref ! Je pense que les réseaux sociaux forment une bulle qui à l'image des start-up, finira par exploser. Les questions en suspens étant : Quand explosera-t-elle ? Et à qui cela profitera le plus ?
Quand ? Difficile à dire mais on peut constater qu'elle commence déjà à dégonfler. Quelques signes annonciateurs :
- La qualité des sites en général se dégrade.
- La quantité de communautés inactives croît.
- Le spam se développe.
- La fréquence des visites sur certains leaders comme Myspace régresse.
Après l'explosion il ne devrait subsister que ceux qui ont trouvé la bonne niche ou ont su enfuir leurs racines, bien profondément. A suivre.
A qui cela profite ? Comme je le disais tantôt, à ce stade il est impossible de déterminer combien de temps va durer l'état de grâce dont jouissent les réseaux sociaux. Ce qui est sûr c'est qu'ils drainent du monde et constituent un excellent levier pour celui qui saura les fédérer. Je m'explique : sur Internet vous avez communément deux mondes qui cohabitent :
- Les terminaux : c'est ce avec quoi vous vous connectez à Internet (e.g. ordinateur, portable, pda ...). Dans ce monde la déesse s'appelle Microsoft.
- Le contenu : c'est ce que vous recevez d'Internet (e.g. HTML, vidéo, music ...). Dans ce monde la déesse s'appelle Google.
En attendant Matrix et les hommes capables de naviguer sur Internet par la pensée, ces deux mondes sont contraints de cohabiter encore quelques années. Ceci dit la cohabitation des déesses n'est ni indispensable ni souhaitée par les intéressées. C'est pourquoi Google et Microsoft s'affronte régulièrement sur à peu près tout ce qui gravite autour d'Internet. L'idée c'est qu'au bout du bout du bout, il n'en reste qu'un. Ça me fait penser à Highlander tout ça !
Ce qu'il est intéressant de remarquer ici c'est que ces deux sociétés n'ont ni le même âge ni le même passé. Elles ont chacune une stratégie de conquête chevillée à l'esprit et forcément héritée de leurs histoires respectives. Avec tous les avantages et inconvénients que cela suppose :
Google se présente comme la start-up sympa qui veut notre bien à nous internautes et qui n'hésite pas à casser les codes pour tenir à jour cette idée dans nos esprits. Dans les grandes lignes : Google a été la première à appliquer des critères pertinents et objectifs pour trier ses résultats de recherche, avec Gmail google a rendu le webmail sexy et obèse, Google est en tête de la publicité ciblée et non-obstrusive ... Liste non exhaustive. Bref ! Vous l'avez compris quand google veut qu'elle que chose elle s'assure d'abord du soutien des utilisateurs et des développeurs puis impose à ses concurrents sa vision du système. Ce n'est pas de l'altruisme, google est une entreprise qui fait des bénéfices et cherche à en faire encore plus, simplement son positionnement est suffisamment singulier pour être signalé.
Microsoft est une entreprise qui a née et s'est construite indépendamment du boom d'Internet. Ceux qui connaissent son histoire savent qu'elle a rarement été novatrice. Quelques exemples : elle a racheté MS-DOS puis délesté IBM de son PC, elle a copiée l'interface graphique d'Apple, elle est arrivée sur le marché de la bureautique bien après les premiers logiciels de ce type ... Quoiqu'il en soit Microsoft est aujourd'hui la plus importante entreprise de services d'information et est la société qui a le plus œuvrée pour populariser l'informatique. Sa place n'est donc pas usurpée. Sur Internet Microsoft pratique le clanisme c'est-à-dire que ses partenaires lui offrent sans condition leurs approbations en échange Microsoft leur octroie des privilèges symboliques ou financiers (e.g. participation au capital, tarifs préférentiels sur des produits Microsoft ...).
Le dernier exemple de cette opposition de style c'est OpenSocial de google. Google est partie du constat assez simple qu'encore plus que le look et les personnes qui animent un réseau, se sont les fonctionnalités, dudit réseau qui font sa popularité. Le combat Myspace vs FaceBook en est la preuve. En effet, Myspace reçoit plus de visites et héberge plus de communautés que FaceBook et pourtant celui dont la croissance est la plus forte c'est FaceBook. Ceci simplement parce que FaceBook est extensible à volonté et selon le bon vouloir des développeurs qui exploitent ses API. Au final il est plus aisé d'avoir un FaceBook à son image qu'un Myspace à son image et ça change tout ! A ce stade de sa réflexion google ignore qui survivra à l'explosion de la bulle des réseaux sociaux. Suivant la même logique, il n'est pas trivial qu'une API Myspace Plateform suffirait à inverser la tendance. C'est pourquoi google a mis au point OpenSocial, une interface permettant la programmation d'applications compatibles avec plusieurs réseaux sociaux. Concrètement les développeurs vont pouvoir créer grâce à OpenSocial un module une fois et avoir la garantie que ce module sera compatible avec tous les réseaux sociaux qui adhère à OpenSocial. De plus google a eu la bonne idée de s'appuyer sur des standards de facto que sont JavaScript et HTML là où FaceBook impose d'apprendre un nouveau langage, fusse-t-il très simple. Côté consommateur social, nous avons l'assurance de retrouver nos modules favoris d'un réseau à l'autre. Bref ! Nous ne sommes plus captifs. Merci google même si je ne doute pas que cette initiative est loin d'être désintéressée et permet au contraire à google d'investir massivement un domaine duquel il n'était pas encore à la pointe. Côté réseaux sociaux, les échos semblent bons, puisque la liste des partenaires s'allonge un peu plus chaque jour : MySpace, Friendster, LinkedIn, Ning, Oracle, Orkut, Plaxo, Salesforce.com, Six Apart, Xing … Vous avez noté l'absence de FaceBook dans la liste ? J'y reviens plus loin.
Tout serait très simple si Microsoft n'avait pas senti qu'ici se jouait probablement un tournant dans la bataille pour le contrôle des réseaux sociaux. Je rappelle que Microsoft a son propre réseau social : Windows Live Spaces. Je pense que Microsoft savait que Google préparait une offre en direction des réseaux sociaux. Des informations filtraient d'un peu partout sur le sujet. C'est pourquoi Microsoft s'est alliée à FaceBook espérant ainsi gêner la déferlante google sur les réseaux sociaux. Tous les projecteurs sont désormais braqués sur FaceBook : En restant en marge d'OpenSocial et si ce dernier connaît le succès qu'on lui prédit, FaceBook fait implicitement une croix sur une partie de ses revenus publicitaires. D'un autre côté, en choisissant le giron de Microsoft et connaissant les moyens de cette dernière, FaceBook s'assure de survivre à l'explosion de la bulle des réseau sociaux. Affaire à suivre.
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2007-10-07 16:35:38, par Hyacinthe MENIET - [Général]
L'exception de la copie privée est une particularité du droit d'auteur français. Elle permet à chacun de reproduire et de partager, avec famille et amis, une œuvre de l'esprit qu'il l'ait acquise ou obtenue suite à une diffusion télévisuelle, par exemple. Telle qu'elle est formulée, l'exception de la copie privée constitue une disposition favorable aux consommateurs. C'est pourquoi à titre de réparation du manque à gagner, il a été instauré une redevance pour le droit à la copie privée. Redevance payée par les consommateurs et dont profitent les producteurs d'œuvre de l'esprit. Une question inhérente à toute compensation est « Où placer le curseur ? ». En effet, il faut veiller à dédommager convenable celui qui fournit le service sans voler celui qui l'utilise. C'est le principe du juste dédommagement. Dans le cas particulier de la copie privée, je suis favorable à son maintient mais force est de constater que la redevance qui lui est associée s'apparente depuis peu à une rançon aveugle qui participe plus au nantissement des fournisseurs d'oeuvres culturelles qu'à une juste compensation. C'est l'objet de ce billet.
Traditionnellement le paiement de la redevance pour la copie privée s'applique aux cassettes audio et aux cassettes VHS. Il a été étendu depuis peu aux supports amovibles (CDR, DVD+/-) et aux supports dédiés (baladeurs MP3). Cela avait déjà fait, à l'époque, l'objet de débats houleux sur Internet. C'est donc sur cet état des lieux que la commission sur la copie privée, dite commission d'Albis, du nom de son président Tristan d'Albis, statue depuis 2005. Concrètement la commission d'Albis était chargée de conclure sur le destin de la redevance telle qu'elle était imposée sur la vente des supports de stockage susmentionnés. Elle devait également se prononcer sur la pertinence et les contours d'une taxe sur d'autres supports d'enregistrement comme les clefs USB. Après deux ans de réflexion, la commission d'Albis a rendu son arbitrage cet été et a publiée, dans la foulée, le texte associé au journal officiel. Dans la pratique, depuis le premier octobre 2007, la redevance concerne également les disques durs externes, les cartes mémoires et les clefs USB.
Le calcul de la somme à prélever est assez complexe car il tente d'englober à la fois le contexte d'utilisation, la capacité du support et le type de mémoire. Quelques extraits de ce barème :
- Pour les cartes mémoires la taxe s'élèvera jusqu'à près d'1 euro pour 16 Go.
- Pour une clé USB de 1Go dont le prix est de 10 euros, il faut compter 22,5 centimes d'euros de redevance.
- Pour un disque dur externe de 400 Go dont le prix est de 117 euros la redevance s'élève à 10,88 euros.
Les prix que j'indique sont hors taxes car la SACEM prélèvera la redevance avant la TVA. Dans la pratique cela signifie qu'au prix que vous obtiendrez via le barème précédent, il conviendra d'augmenter l'ensemble d'une TVA de 19,6 %. Au final le disque dur externe de 400 Go que je cite en exemple coûtera 153 euros. Notez enfin que la commission a déjà indiquée qu'elle suivra l'évolution des technologies, des matériels et des usages afin de procéder dès que nécessaire à des ajustements mais aussi dans le but d'intégrer de nouveaux supports. Citons parmi lesquels : le Blu ray, le HD DVD et les téléphones portables. Tout un programme !
La commission d'Albis a été créée pour être l'autorité représentative de toutes les parties concernées par la problématique « copie privée ». Cela inclus, les producteurs d'œuvres culturelles, les associations de consommateurs ainsi que les fabricants et revendeurs de supports de stockage numériques. Dans la mesure où comme je le disais tantôt, en matière de dédommagement, le nœud, c'est le curseur, j'étais assez satisfait du positionnement de ladite commission. Après quelque années, je m'aperçois que cette commission applique plutôt le dictat des mondes de la musique et audiovisuel, au détriment des intérêts des autres parties. Je m'explique : Il n'aura échappé à personne que la redevance pour le droit à la copie privée constitue un impôt très lucratif pour les producteurs d'œuvres culturelles sinon elle aurait déjà été supprimée. Et cela principalement parce que son mode de ponction assujetti même ceux qui ne partagent pas leurs copies privées. Le rêve de tout vendeur. Dixit les chiffres officiels, cette redevance rapporte plus de 200 millions d'euros chaque année dans sa version courante et pourrait dépasser les 300 millions avec les nouvelles entrées. Ces chiffres sont à associer aux 125 millions annuels que versent les télévisions aux associations de producteurs. Pour autant, cette taxe augmente le prix des produits taxés, ce qui a un impact déplaisant sur les bénéfices les revendeurs de supports numériques. En effet, passé un seuil de prix, de nombreux internautes se tournent vers des boutiques à l'étranger. C'est un phénomène constaté depuis l'extension de la taxe au CD/DVD et les messages sur les forums publics à la suite de ces nouvelles taxes sont sans équivoque sur la destination des flux financiers. Au milieu de ces deux intérêts industriels, il y a les consommateurs qui sont les seuls à payer réellement la taxe et dont le budget numérique pèse de plus en plus lourd.
De mon point de vue il est assez intéressant de constater que les CD/DVD existent respectivement depuis 25 et 17 ans mais que leurs taxations datent d'à peine 6 ans. Ce qui correspond aux premières offensives massives des industries musicale et audiovisuelle contre les pirates. De là à penser que cette taxe a été détournée de son but premier, mais constitue désormais un moyen pour les bénéficiaires de reconstruire leurs bénéfices face au piratage, il n'y a qu'un pas que je fais volontiers. Ensuite je m'interroge sur le message véhiculé par cette redevance. D'après elle seuls les producteurs de musiques et de films pâtiraient du piratage ou de la copie privée ? Et les producteurs de logiciels ? Ne devrait-t-on pas les dédommager eux aussi ? Plus généralement, vu que nous payons tous pour le piratage et la copie privée, ne devrions-nous pas pirater tout ce que nous pouvons et partager des copies « privées » de tout ce que nous avons de numérique ?
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2007-09-15 19:37:58, par Hyacinthe MENIET - [Politique]
En France, la protection sociale profite à la majorité de la population. « La sécu » comme on se plaît à l'appeler est un système solidaire, c'est-à-dire que chacun cotise selon ses revenus et il n'y a pas de malus pour les malades. Revenons sur les fondamentaux : on parle de solidarité quand une réunion ou association de personnes morales ou physiques, ayant des buts ou des intérêts communs s'oblige moralement à une assistance mutuelle : les uns pour les autres, et chacun pour tous. Cette logique de mutualisation des coûts, au sens large, est la base des protections sociales pratiquées dans de nombreux pays comme : les Etats-Unis, la France, la Suisse, le Canada et la Belgique. Ce qui varie d'un état à un autre c'est ce par quoi elle est financée et surtout le cercle de ceux qui en bénéficient.
Ce n'est pas un secret, en France des branches de la sécurité sociale sont déficitaires. Le manque augmente d'environ 10 milliards d'euros chaque année. C'est cette situation qui explique pourquoi le premier ministre, François Fillon, a demandé au conseil économique et social (CES) de travailler sur une réforme du financement de la protection sociale. Je vais donc profiter de ce billet pour mettre en perspective les mesures d'urgence déjà proposées par le gouvernement et indiquer quelques pistes de réflexion.
Traditionnellement, il y a deux approches complémentaires pour équilibrer un compte :
- Augmenter les recettes : Le gouvernement réfléchi à une TVA sociale. En début de semaine, Christine Lagarde, ministre de l'Économie, des Finances et de l'Emploi, et Eric Besson secrétaire d'État auprès du Premier ministre, chargé de la Prospective et de l'évaluation des politiques publiques, ont remis chacun, au premier ministre, un rapport qui recommande la prudence vis-à-vis de cette mesure. A ce stade nul ne sait, si et quand cette taxe sera appliquée.
- Réduire les dépenses : Le gouvernement a choisi les franchises médicales. L'idée derrière ce levier est de responsabiliser le patient en associant à chaque dépense de santé une somme qui restera à sa charge. Les franchises médicales figureront dans le projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2008.
Si les axes désignés sont bons (e.g. agir à la fois sur ce qui entre et ce qui sort des comptes), le choix des outils me semble plus discutable. En effet :
La TVA sociale consiste à transférer une partie des cotisations sociales, à la charge des travailleurs vers les consommateurs. Concrètement, l'état allège le coût du travail pour les entreprises françaises, en contre partie il leurs demande de répercuter cette baisse dans le prix de vente de leurs produits. Puis l'état augmente la TVA afin de prélèver exactement ce qui a été cédé aux entreprises. Dans un monde idéal, ce transfert de source, n'entraîne aucune variation du prix final des produits français mais pénalise les produits importés. Et c'est ce surplus de taxe qui financera la protection sociale. Dans la pratique c'est moins évident, j'y reviens plus loin. Actuellement, le gouvernement manifeste beaucoup d'hésitations à s'engager sur cette voie. Et je le comprends. En effet, par définition une TVA est un impôt aveugle qui frappe tout le monde de manière uniforme et ne tient pas compte de la réalité sociale de ses sujets. De fait, « TVA sociale » est une oxymore. De plus, je trouve très courageuses les personnes qui soutiennent qu'une telle mesure n'entraînera pas de hausse des prix des produits français, juste parce que le gouvernement l'aura décidé. En France les prix sont libres et rien n'empêchera les entreprises de consolider leurs marges avant de répercuter la baisse. Tout cela devrait se traduire, in fine, par une augmentation générale du ticket à la caisse.
Au sujet des franchises médicales, commençons par la pratique : les comptes de la sécurité sociale servent à dédommager les victimes des turpitudes de la vie, parmi lesquelles maladie, accident, dépendance, chômage ... Dans la mesure où ni votre santé ni votre dignité n'ont de prix, vous comprenez aisément que les comptes de la sécurité sociale ne puissent s'équilibrer de manière analogue à ceux d'une épicerie. Dis autrement, toute la problématique face aux déficits, consiste à trouver une source volumineuse de financement pour satisfaire un besoin qui n'a pas de prix. Dans cette optique, les franchises ne suffiront pas car elles ne représenteraient que 850 millions d'euros par an. Un mot sur le principe pour finir : comme je le disais tantôt, la sécurité sociale est un système mutualiste qui ne punit pas les malades. En instaurant des franchises médicales, le gouvernement applique un malus aux patients, ce qui va à l'encontre de tout ce pourquoi la sécurité sociale a été créée. Au final les franchises médicales se présentent comme une mesure inefficace face aux enjeux et qui se situe aux antipodes de l'idée qu'on se fait de la sécurité sociale. Je ne suis pas persuadé que le jeu en valait la chandelle.
Quelques pistes de réflexion :
L'idée de TVA sociale a germée à partir d'un constat assez simple et déjà ancien : les dépenses de santé augmentent plus vite que les cotisations sociales (e.g. les salaires). Ceci à cause du vieillissement de la population, de la consommation excessive de médicaments et de la sophistication des actes médicaux. Ceux qui prônent la TVA sociale se trompent quand ils pensent que ce constat remet en cause le mode de financement de la protection sociale. En réalité, il se borne à indiquer qu'il faut augmenter le flux des entrées. J'y reviens plus tard le temps d'un autre constat simple : aujourd'hui le chômage touche 8% de la population active. Ce chiffre triple quand on restreint l'étude aux jeunes (ceux qui cotiseront le plus longtemps) aux personnes âgées et aux habitants des quartiers modestes (les deux catégories auxquelles la protection sociale bénéficie le plus). De mon point de vue, le noeud du problème n'est pas la méthode de cotisation mais la quantité de cotisants. Pour freiner le déficit de la sécurité sociale, il suffirait de réduire le taux de chômage dans ces trois catégories. Sans compter que cela améliorerait d'autres indicateurs comme la consommation, l'envie d'investir, les retraites ... Ce qu'il faut bien comprendre c'est que la sécurité sociale telle que nous la connaissons propose une forme très concrète de solidarité entre les assurés. Ce mécanisme aussi beau soit il, ne fonctionnera que si la proportion des non contributeurs est très faible. Et ce n'est pas le cas aujourd'hui. En clair, même par pur égoïsme, nous avons tous intérêt à ce que chaque personne en capacité de travailler ait un emploi.
Je termine ce billet en mettant les pieds dans le plat. Dixit le gouvernement, les franchises médicales devraient rapporter 850 millions d'euros par an. A titre de comparaison, la loi sur le travail, l'emploi et le pouvoir d'achat (TEPA) devrait nous coûter 10 à 15 milliards d'euros par an. D'où ma question : le gouvernement souhaite-t-il réellement résorber le déficit de la protection sociale ?
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2007-08-23 17:23:49, par Hyacinthe MENIET - [Informatique]
Craig Barret (e.g. l'actuel président d'Intel) disait qu'« Internet sera à l'économie du 21è siècle ce que l'essence fut au 20è siècle » et je suis convaincu qu'il a raison. Je précise d'entrée que je m'intéresse à Internet le « moyen » par opposition à Internet le « but ». Je vais notamment parler de musique numérique. C'est-à-dire la musique téléchargée depuis Internet et consommée via des baladeurs mp3 et ogg.
Je pense qu'Internet représente une formidable opportunité pour les propriétaires des droits sur la musique. En effet, il permet d'augmenter la visibilité d'une oeuvre et indirectement celle de son auteur. Mécaniquement cela devrait produire plus de coup de cœur, voire d'achat. Problème : le piratage d'une œuvre est une fonction croissante de la convoitise qu'elle suscite et c'est ce qui explique la surprotection dont les œuvres digitales sont l'objet.
En se lançant sur Internet, les maisons de disques ont pris soin de verrouiller leurs produits (via des DRM) et leurs profits. C'est ainsi que les propriétaires des droits sur la musique téléchargée perçoivent la majeure partie du prix du fichier (environ 65%), l'autre gros morceau va aux banques qui permettent les achats en ligne (environ 25% du prix). La part restante revient aux sites de diffusion de musique. Elle est réduite et couvre assez mal les frais de développement, de marketing et de fonctionnement de ces derniers.
Cette répartition des profits oblige les sites de musique en ligne à imaginer d'autres circuits de rentabilité. Par exemple, Apple via son iTunes Music Store valorise sont format propriétaire AAC et ses baladeurs iPod. Et ça marche. En France, ce sont les fournisseurs d'accès à Internet, Neuf Cegetel et Free qui font l'actualité récente.
Neuf propose deux offres de location de musique, exclusivement dédiées à ses abonnées et utilisateurs de Windows Média Player 10 :
- L'une gratuite et limitée à 1 genre musical. Les genres musicaux disponibles étant : variété française, pop, rock, disco/funk, world, electro/dance, rap/R'n'B, jazz/blues et classique.
- L'autre à 4,99 euros par mois, comprenant tout le catalogue Universal Music France.
La musique téléchargée ne sera transférable que sur des baladeurs compatibles avec les DRM Windows ce qui exclu le plus populaire d'entre eux : iPod. DRM oblige, l'abonné perdra toute sa musique le jour où il résiliera son abonnement chez Neuf ou s'il ne connecte ni son PC ni son lecteur numérique au minimum une fois par mois pour renouveler la licence associée aux fichiers audio. Pour plus d'information, visitez http://neufmusic.fr.
L'offre de Free s'articule autour d'un partenariat avec le site d'écoute à la demande http://deezer.com (ex Blogmusik). La consommation des morceaux y est gratuite et illimitée. Les morceaux sur deezer ne sont pas téléchargeables mais streamés, c'est-à-dire que vous devez être connecté à Internet pour les écouter. Contrairement à Neuf Cegetel, deezer n'utilise pas de DRM mais propose de la pub pour financer son service. De fait, la plateforme est exploitable sous Windows, Mac OS X et Linux. Notez enfin que http://deezer.com n'est pas réservée aux freenautes.
Personnellement je ne suis pas demandeur d'offres avec DRM car la musique n'est mienne que quand je la possède. Et les DRM me l'interdissent. De plus, même si elle est plus séduisante, l'offre de deezer ne me convainc pas totalement dans la mesure où je veux pouvoir écouter la musique que j'apprécie loin de mon PC et d'Internet.
Plus généralement, les mesures techniques de protection de logiciels ont toujours existées. Exemple sous Windows, de nombreux logiciels nécessitent une clé d'activation pour être fonctionnels. Windows lui-même est livré avec une batterie de protections, souvent inefficaces, mais c'est un autre débat. Ce qu'il faut bien comprendre, c'est que les créateurs de logiciels ne sont pas candides. Depuis le temps qu'ils s'y essayent ils ont bien compris qu'il était techniquement impossible de protéger de manière absolue un logiciel. En fait, si vous ne souhaitez pas que votre logiciel soit piraté c'est simple : assurez-vous qu'il restera confidentiel et faites en sorte qu'il ne présente aucun intérêt. Le second étant une condition suffisante au premier. Bref, un protocole inacceptable pour quiconque souhaite gagner de l'argent. Non, la longévité des protections logicielles vient du fait que les personnes qui les commandent, espèrent qu'à défaut d'être efficaces elles allongeront le délai qui sépare la sortie d'un logiciel protégé de la disponibilité du crack qui va bien. A méditer.
Les protections logicielles appliquées aux fichiers musicaux souffrent des mêmes limites. Ces protections sont régulièrement cassées, pire, il est aujourd'hui possible de se procurer de la musique gratuitement sans DRM, via les réseaux P2P ou moyennant très peu d'argent sur des plateformes alternatives. In fine, les personnes qui endurent le plus ces protections, ce sont les honnêtes consommateurs et je me dis qu'il est temps de penser à eux.
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2007-07-14 13:29:26, par Hyacinthe MENIET - [Général]
Le principe de présomption d'innocence dit que quiconque est innocent tant que sa culpabilité n'a pas été démontrée. Pour être factuel : si volez une orange dans un hypermarché vous avez peu de chance d'être inquiété sauf en cas de flagrant délit. Mais si vous filmez la scène et diffusez le film correspondant sur Internet, je vous suggère de commencer à préparer votre défense. Je suis favorable à ce principe qui rétabli un peu de justice en faveur de la défense. Néanmoins force est de reconnaître qu'il contient un je ne sais quoi de pas très lisse dans sa formulation. En effet, à aucun moment il n'essaye de moraliser celui ou celle qui serait tenté de commettre une infraction. Au contraire il lui suggère de faire les choses « bien », en camouflant au mieux son forfait. Quand on sait que c'est l'une des pierres angulaires du droit civil, ça laisse songeur. A méditer.
Je parle de diffusion de délit sur Internet, car à la faveur d'une conférence qu'elle organisait le jeudi 28 juin dernier, Free a annoncé le lancement d'un nouveau service nommé « TV Perso ». Ce service se présente comme un concurrent de YouTube ou Dailymotion dans la mesure où il permet à chaque abonné qui satisfait aux contraintes techniques (dégroupage, FreeBox HD ...) de créer son serveur de streaming de vidéos personnelles. L'abonné fournisseur de contenu ayant la capacité de restreindre l'accès à ses vidéos à un groupe de freenautes. Les choses se compliquent quand dixit Canal Plus, certains freenautes utiliseraient ce dispositif pour diffuser des émissions du groupe susmentionné.
Effectivement, la réponse du groupe Canal Plus à « TV Perso » n'a pas tardée. C'est donc dans un communiqué daté du 12 juillet 2007 que Canal indique avoir mis en demeure Free et son service TV Perso dans le but, je cite :
de faire cesser ces agissements illégaux dans les plus brefs délais [...] A défaut de réponse satisfaisante de la part de l'opérateur, le groupe Canal+ sera contraint d'engager toute action, en particulier contentieuse, de nature à faire respecter ses droits.
Je ne me substituerai pas à la justice, mais dans mon esprit la démarche de Canal Plus est plus que bancale. Je pense que le groupe audiovisuel a le droit d'empêcher quiconque de profiter gratuitement d'un contenu qu'elle fait payer à d'autres. Sans être un ayatollah du verrouillage numérique, je me dis que ce n'est pas très fair-play vis-à-vis de ceux qui payent. Néanmoins je me demande en quoi Free peut être tenue pour coupable ? Pour moi (même si la jurisprudence semble me donner tort), Free se contente de fournir la boîte à outils. Dans cette optique, Free ne peut être reconnue comme responsable de l'usage auquel le destine les freenautes. De même que Renault n'est pas la source (d'un point de vue légal) des excès de vitesse et des accidents causés par ses clients.
Deux questions pour conclure :
Canal plus dispose très probablement des adresses IP des diffuseurs ainsi que des horaires et dates auxquelles ont été streamées les vidéos indélicates. Si on remonte la chaîne d'un cran, j'imagine que Canal Plus est capable de connaître l'identité des freenautes en question et même d'extraire de ces derniers ceux qui sont également abonnés Canal Plus. Dans cette configuration, pourquoi Canal Plus ne les attaque/contacte pas directement ?
Je reviens au principe de présomption d'innocence qui dit que la fraude est acceptée tant qu'elle n'est pas prouvée. Je me demande donc pourquoi les freenautes rattrapés par la patrouille n'ont pas restreint la diffusion des vidéos incriminées à leurs familles respectives ou à des cercles d'amis ? En effet, dans ce cas ils seraient protégés par l'exception dite de la copie privée.
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2007-06-25 07:20:58, par Hyacinthe MENIET - [Politique]
En instaurant un régime semi-présidentiel en 1958, le général de Gaulle voulait rééquilibrer les pouvoirs entre le parlement et le président. Un peu plus de pouvoir pour le président et vases communiquant obligent, un peu moins au parlement. Problème : les députés étaient élus de manière directe et le président, non. C'est donc pour résoudre ce conflit que le président est lui aussi désormais élu au suffrage universel. De facto, dans la V ème république, le président est au dessus des partis politiques et l'alter ego du parlement. Mon propos ici, n'est pas de contester la pertinence du modèle, je ne pense pas qu'une perfection soit atteignable dans le domaine. Je me propose de mettre en lumière des contradictions induites par la modernité et je pointe quelques chemins de réflexion. Vaste chantier.
Commençons par les institutions. "L'enfer est pavé de bonnes intentions" c'est la substance d'un proverbe populaire. J'essaye de montrer dans la suite comment l'adaptation nécessaire de nos institutions au tempo de la vie moderne a déséquilibré les pouvoirs.
- Je n'y étais pas mais je suis convaincu que depuis sa création notre monde est en constante mutation. C'est vrai d'un point de vue climatique et c'est très palpable depuis quelques années économiquement parlant. Je pense à la mondialisation. Deux exemples : 1) Le prima du capital sur le travail qui fait pression à la baisse sur les salaires (c'est le problème du pouvoir d'achat). 2) Le G8 sans la Chine, l'Inde et le Brésil qui apparaît comme un club d'amis dont les décisions n'ont d'impact ni sur l'économie, ni sur l'écologie. Dans cette configuration le quinquennat est une bonne mesure car elle autorise un renouvellement plus soutenu de l'élite et on l'espère une meilleure réactivité face aux défis proposés.
- Dans la même veine et pour autant que cela contrarie les velléités de cohabitation, je pense qu'on peut considérer le rapprochement des élections présidentielles et législatives comme une bonne intention. Le dommage collatéral c'est que ça préempte l'élection du président par rapport à celle des députés. C'est-à-dire que les députés savent qu'ils doivent leurs sièges au président. De fait, la tentation est grande pour le président d'instrumentaliser sa majorité. Affaire à suivre, ce n'est pas l'objet du présent billet.
Personnellement je n'ai rien contre un président influant et remplaçable plus souvent, bien au contraire. Beaucoup de pays fonctionnent ainsi (Angleterre, Allemagne, Etats-Unis …) même si les titres changent. Et c'est efficace. Je me pose simplement deux questions :
1) Pour moi le parlement est le poumon de la démocratie il doit se positionner comme l'alter ego du président à défaut d'être un contre-pouvoir. Le risque qu'il devienne un outil d'exercice du pouvoir de ce dernier pose le problème du mode de scrutin. En effet, les députés sont élus au scrutin uninominal majoritaire à deux tours, ce scrutin à la particularité d'accentuer la majorité et de sanctionner les minorités. Je me demande si ce mode de scrutin est toujours adapté dans la mesure où on sait que l'élection législative confirmera l'élection présidentielle ? Le temps est peut-être venu d'accepter une moitié de proportionnelle, comme en Allemagne ?
2) C'est le président Nicolas Sarkozy qui a choisi les ministres (comme un premier ministre), c'est le président qui rythme la vie politique, c'est le président qui dans quelques mois pourra s'exprimer régulièrement devant les députés (comme un premier ministre). Bref ! Avec un président plus puissant donc plus responsable et actif, je m'interroge sincèrement sur l'intérêt d'un premier ministre ?
Terminons par le poids des partis politiques et de la presse. "La rencontre d'un Homme et d'un peuple" c'est en substance un souhait qu'on prête au général de Gaulle qui a voulu l'élection au suffrage universel du président de la république. Force est de constater que depuis lui cette assertion ne s'est jamais plus vérifiée. En effet, d'une part, plus que jamais l'élection présidentielle consacre un parti via un Homme et d'autre part entre l'Homme et le peuple il y a les médias qui ne sont pas tous transparents.
Je ne vais pas, ici, abonder dans le discours du tous corrompus qui favoriseraient un camp plus que l'autre. En parlant de la presse. Tout simplement parce que c'est faux, les journalistes sont des citoyens comme les autres et à ce titre il y en a pour tous les goûts. Faux débat, pour moi. Ceci dit, je sais que comme tous les marchands, une rédaction ne vit ni d'amour, ni d'eau fraîche. Elle a besoin de vendre. Dans son cas ce sont des images, du texte et de l'exclusivité. C'est pourquoi elle adapte et sélectionne ce qu'elle présente pour que ça cadre avec ce qu'elle croit devoir servir à ses clients. Je ne suis pas entrain de remettre en cause l'éthique des journalistes mais je m'interroge légitimement sur les vertus d'une information qui nous parvient après des couches d'interprétations ?
Pour conclure je remarque que pour aussi judicieux qu'aient été les choix fait en 1958 d'une part et pour aussi pertinents qu'aient été les changements apportés à la constitution d'autre part, nous ne sommes qu'au milieu du gué. Je veux dire par là que le système actuel est incomplet. Il fonctionne dans la majorité des cas mais montre des signes d'essoufflements dès qu'on augmente les cadences. Je me dis qu'il serait prudent d'injecter un peu de lubrifiant dans les rouages de la politique, ceci afin de fluidifier les mécanismes et d'éviter l'embolie.
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2007-06-10 16:17:08, par Hyacinthe MENIET - [Informatique]
Lao-Tseu disait « Qui domine les autres est fort. Qui se domine est puissant. » . Je soupçonne les dirigeants d'Apple d'être des adeptes de cette maxime ou pour le moins cela expliquerait la maestria dont ils font preuve dans deux domaines : « la gestion de la rumeur » et « l'usage des technologies des autres ». Petite précision, ceci n'est pas un billet à charge contre Apple (ou Microsoft au demeurant). J'ai simplement été amusé de constater qu'après avoir été singée technologiquement par Microsoft, Apple à son tour singe commercialement Microsoft. Question en suspend : copier sur le copieur n'est-ce pas une copie de trop ?
Si on considère l'histoire récente d'Apple, je parle du début de l'ère Mac OS X à nos jours, soit environ 7 ans. On retrouve invariablement sur la plupart des annonces importantes, ces deux lignes de forces, cette dualité entre « la gestion de la rumeur » et « l'usage des logiciels open source ». C'était vrai pour le noyau XNU basé sur le micronoyau Mach et 4.4 BSD, c'était vrai pour le portage de Mac OS X sur Intel facilité par le travail effectué dans Darwin, c'était vrai pour le X11 natif de Mac OS X basé sur XFree86, c'était vrai pour Webkit basé sur KHTML de KDE … liste non exhaustive.
Le dernier exemple en date : l'intégration de ZFS (Zettabyte File System) dans Mac OS X 10.5, alias Leopard, comme système de fichier par défaut, perpétue cette tradition :
- Ce fut une rumeur qui a parcouru les cercles des initiés pendant un an et qui a été confirmée très récemment.
- ZFS est un système de fichier open source développé par Sun Microsystems et disponible sous licence CDDL (Common Development and Distribution License).
D'un point de vue purement financier, la stratégie « Fort à l'extérieur et encore plus fort à l'intérieur » de Lao-Tseu a fait ses preuves. Le meilleur exemple de réussite justifiée par cet aphorisme est Microsoft. Microsoft a clairement construit sa stature grâce au PC d'IBM, au DOS d'un développeur indépendant et à l'interface graphique d'Apple. Mais contrairement à ceux chez qui elle se servait, Microsoft a verrouillé ses logiciels (Microsoft Windows, Microsoft Office, Microsoft Internet Explorer …) afin que personne ne puisse les vampiriser.
Partant de là, Apple a raison de s'engager dans cette voie et ses bons résultats économiques actuels ne sont pas anodins. Au passage, le manque d'échanges bilatéraux équilibrés avec la communauté open source a des dommages collatéraux : Open-Darwin qui aurait pu être le Mac OS X open source est mort, Yellow dog Linux la distribution linux pour machine PPC se cherche des ordinateurs cibles, les développeurs de KHTML passent pour des débutants incapables d'intégrer à Konqueror les fonctionnalités de Webkit ... Et tout ça c'est bon pour le business immédiat. A long terme je suis plus sceptique.
Ma vision est la suivante, jusqu'à présent dans l'univers impitoyable des ordinateurs personnels le logiciel a toujours prévalu sur le matériel. Comprendre qu'on achète une machine principalement pour ce qu'on peut y faire (e.g. le système d'exploitation et les logiciels associés) puis pour son plastique. Si vous ajoutez à cela le fait que produire du matériel coûte plus cher et dégage moins de marges que produire du logiciel. Vous comprenez pourquoi Microsoft est plus rentable que Nvidia.
Malheureusement avec l'augmentation des débits, la vulgarisation d'Internet et l'explosion d'applications riches accessibles depuis le navigateur, les choses changent. La tentation de réduire l'ordinateur personnel à l'état de connecteur à Internet va crescendo. Cette mutation si elle s'opère va bouleverser l'équilibre matériel-logiciel. Assurément la compétition sur PC ne consistera plus à produire le meilleur système d'exploitation mais à produire le meilleur terminal Internet matériellement parlant, s'entend. Toute la concurrence logicielle étant déplacée sur Internet. Problème pour Apple : sur Internet c'est google qui est en position de force. Il y possède le principal moteur de recherche, une suite bureautique, un courriel, un logiciel de chat … Cerise sur le gâteau, google y applique déjà le principe de Lao-Tseu. La boucle est bouclée.
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