To be or Note2be.com

2008-03-08 08:57:16, par Hyacinthe MENIET - [Général]

A l'heure où le rapport Attali souligne, dans sa proposition de décisions n°5, que « l'évaluation des professeurs ne peut pas reposer uniquement sur les notes qu'obtiennent leurs meilleurs élèves ni sur l'examen d'inspecteur (...) mais (qu') elle doit aussi reposer sur une évaluation de leur pédagogie par leurs élèves » , note2be.com offre la possibilité à tous les élèves, pour la première fois en France, de noter leurs professeurs.

Extrait du site Note2be.com.

Si vous suivez régulièrement les informations télévisées, à la radio ou sur Internet, vous avez probablement eu vent des déboires du site Note2be.com. Rappel des faits pour les autres :

William Shakespeare Ainsi que le laisse supposer l'extrait en italique ci-dessus, Note2be.com est un site Internet consécutif à une proposition du rapport Attali. En effet, dans son rapport, la commission Attali proposait que l'évaluation des enseignants ne soit plus réservée aux seuls inspecteurs mais soit étendue aux élèves. Note2be.com a saisie la balle au bond et a mis à disposition des élèves un outil qui leur permet d'apprécier les qualités pédagogiques de leurs enseignants. Probablement à cause du buzz autour de cet outil, plusieurs syndicats d'enseignants sont montés au créneau pour obtenir sa fermeture, au premier rang desquels la SNES-FSU, le SGEN-CFDT, le SE-UNSA et le SNALC. En début de semaine, le TGI de Paris (e.g. le tribunal de grande instance de Paris) a statué et a ordonné la suppression sous 48 heures de toutes les données nominatives figurant sur ce site. Passées ces 48 heures, Note2be.com devra payer une astreinte de 1000 euros par jour par infraction constatée. La société Note2be est par ailleurs, invitée à payer à chacun des demandeurs une somme d'1 euro « à titre d'indemnisation provisionnelle ». Hier, la CNIL (e.g. la Commission nationale de l'informatique et des libertés) - l'autorité française compétente en matière de protection des données personnelles - a jugé l'initiative Note2be.com illégitime. En attendant la décision des juges suite à l'appel du co-fondateur du site, Stéphane Cola, il me semble opportun d'indiquer en quoi je suis solidaire de l'indignation des enseignants et des décisions prises par les autorités en charge du dossier.

Non à l'infantilisation des professeurs. « Les jeunes d'aujourd'hui, aiment le luxe, ils sont mal élevés, méprisent l'autorité, n'ont aucun respect pour leurs aînés et bavardent au lieu de travailler. », est une phrase que vous avez probablement déjà entendu sous un libellé différent mais avec le même sous entendu : les nouvelles générations se fichent de tout et ne respectent plus rien. Ce qui est amusant c'est que cette phrase est de Socrate (469-399 av. J.C.) ce qui prouve que le conflit de génération est un phénomène récurrent et n'est pas une conséquence des jeux vidéos ou que sais-je encore. Reste que, derrière ces plaintes, on devine une inquiétude, une désespérance de nombreux adultes qui pensent qu'une vie qui n'est pas guidée, balisée par quelques valeurs est vouée à l'errance et à ses malheurs. A raison, de mon point de vue. Généralement, un enfant accepte volontiers les règles de vie distillées par ses parents. Cela se vérifie en particulier si ces derniers se conforment eux-mêmes aux règles qu'ils prescrivent. C'est à l'adolescence que les choses se compliquent car l'adolescent est soumis à de nombreux discours souvent contradictoires. J'ai envie de dire, idem que ci-dessus, cet état a toujours existé, c'était déjà ainsi il y a deux siècles, par exemple. La nouveauté qu'a apportée l'époque actuelle, c'est la médiatisation de ces discours jadis parasites qui à force prennent plus de place que les valeurs que les familles souhaitent transmettre : « C'est normal de désobéir quand on a des parents ringards comme ceux qu'on a vus à la télé hier ». Entendu à la télé.

Le fait d'autoriser les élèves à noter leurs professeurs de manière aussi directe que ces derniers, revient à aplatir le système scolaire en mettant les élèves au même niveau que les enseignants, ce qui est une erreur pour deux raisons :

  • Pour moi le rôle d'un professeur est d'accompagner chacun de ses élèves. Il participe activement à la formation d'un être humain en le guidant, en lui donnant un reflet de son comportement social et en lui apportant les savoirs et les compétences qui lui permettront de comprendre le monde dans lequel il vit et de participer à sa transformation. De plus, il faut garder à l'esprit qu'un élève passe le tiers de sa journée face à un professeur. Cela fait mécaniquement des professeurs un rempart intéressant contre les messages parasites dont je parle ci-dessus. C'est pourquoi, devant l'étiolement du discours parental, je pense au contraire qu'il faudrait renforcer la place des enseignants.
  • L'école est traditionnellement conçue comme une structure pyramidale dans laquelle des enseignants ont pour tâche d'instruire et d'éduquer des élèves. Or l'éducation suppose une relation d'autorité entre ceux qui enseignent et ceux qui apprennent. Au demeurant, je peux comprendre le besoin d'un peu plus souplesse afin que les voix des élèves soient également entendues mais de mon point de vue cela doit s'inscrire dans un ensemble cohérent, structuré et consensuel. Le haro sur Note2be.com poussé par les syndicats d'enseignants prouve à suffisance le manque de concertation et de consensus de cette initiative.

La liberté des professeurs est-t-elle bornée par celle des élèves ? Je le disais tantôt, le rôle d'un professeur c'est parfois d'enseigner des règles de savoir vivre qui concourent à l'équilibre intellectuel et sentimental des élèves et qui permettront au futur citoyen adulte d'être à l'aise en société. Parmi ces valeurs, il y a le fait que vivre en société consiste à abandonner une partie de son indépendance naturelle pour se soumettre volontairement à des lois qui sont, au moins idéalement, les mêmes pour tous. Que vivre en communauté c'est accepter que sa liberté s'arrête là où commencent celles des autres. Du point de vue de l'élève, ce respect de la liberté d'autrui s'impose d'abord pour des raisons éthiques : non seulement « le principe de liberté » n'est pas que l'énoncé du dernier devoir de philosophie, mais il est également l'objet d'un apprentissage tout au long de la vie qui suppose que le futur citoyen adulte soit à la fois nourri de liberté et ait déjà mesuré ses contours. A cette raison éthique s'ajoute une raison pragmatique : le respect de la liberté d'autrui est un outil efficace pour contribuer à créer un climat de confiance et de responsabilité à l'intérieur de l'établissement scolaire, permettant en cela de prévenir et de combattre la violence à l'école. Le message que tente de faire passer la CNIL aux créateurs du site mais, in fine, aux élèves est simple : il faut, au moins à posteriori, recueillir l'agrément de la personne pour utiliser une information qui l'identifie. Le fait que les élèves qui ont participé à ce site ne se soient pas interrogés sur la légitimité de ce qu'ils faisaient, avant de le faire, montre bien que ce rapport à l'autre et à sa liberté n'est pas correctement assimilé. Avis aux professeurs qui me lisent. Je suis persuadé que de nombreux élèves ayant contribué au site Note2be.com auraient refusé que leurs relevés de notes - bons comme mauvais, peu importe - soient exposés sur Internet avec en prime les appréciations des professeurs. Partant de ce postulat, je me demande comment ces derniers n'ont pas vu qu'il était plus que probable que cela incommoderait également leurs professeurs ? Excès de naïveté ou volonté d'irriter ? Avis aux élèves qui me lisent.

Noter les professeurs en interne et de manière indirecte. Suite au battage médiatique autour de l'affaire Note2be.com, j'ai eu l'occasion de discuter avec d'anciens collègues, aujourd'hui enseignants et des professeurs qui m'ont enseignés. Ce qu'il y a de frappant c'est qu'ils sont tous d'accord pour faire de l'école un environnement où les élèves peuvent jouer un rôle plus actif. Ce qu'il faut bien comprendre c'est que la note n'est pas le nœud du problème. D'ailleurs dans certaines grandes écoles et universités, les professeurs sont déjà évalués par leurs étudiants. Simplement, de la même façon que la note attribuée à un élève est le résultat d'un rituel connu à l'avance par les professeurs et les élèves, il est indispensable que cette notation des professeurs fasse elle aussi l'objet d'un cérémonial encadré et connu d'avance. Plusieurs idées me viennent à l'esprit mais je n'expliciterai qu'une : Aujourd'hui la notation des enseignants relève de l'inspection générale et/ou du responsable d'établissement. Ce n'est vraisemblablement pas assez pertinent vu l'enthousiasme autour de Note2be.com. Afin de coller à l'engouement pour le Web, on peut imaginer un Intranet dans lequel chaque étudiant, clairement identifié et à des moments bien précis de l'année, répondrait à un QCM (e.g. questionnaire à choix multiples). Je ne suis d'ailleurs pas opposé à ce que ce QCM soit régulièrement révisé et qu'il intègre à chaque mise à jour les remarques des uns et des autres, dont celles des élèves. Ni à ce que le professeur X ne sache pas ce qu'a dit l'élève Y à son sujet. Histoire de dépassionner les débats en classe. Passons. Idéalement ce QCM ciblerait à la fois le fond mais aussi la forme des enseignements et permettrait de dégager non pas une note mais plusieurs appréciations : sur l'organisation et la clarté du cours, sur la stimulation intellectuelle, sur l'interaction ... Liste non exhaustive. Les informations ainsi collectées seraient intégrées via un coefficient dans la notation finale du professeur et permettrait à chaque professeur d'inventer comment rendre son cours plus attrayant. En somme, je suis favorable à tout projet qui vise à ce que les élèves ne se substituent pas aux professeurs mais soient plutôt des acteurs que l'accès à la connaissance doit éclairer et dont le corps professoral doit favoriser la prise d'initiative.

Plus généralement, il me semble que la relation enseignant-élève induit dans son essence une inégalité de statut, ce qui n'empêche nullement que l'élève reste légal de l'enseignant en matière de droits fondamentaux. Pour moi l'école doit former des individus libres, responsables mais respectueux des libertés d'autrui. C'est pourquoi l'idée que des élèves puissent évaluer leurs professeurs me semble opportune si elle ne résume pas qu'à un système permettant aux élèves de voter pour leurs professeurs favoris mais donne à chaque élève la possibilité de jouer un rôle actif dans son environnement scolaire. De plus, quelque soit la forme donnée à cet espace de participation dédiés aux élèves, je pense qu'il est important de garder à l'esprit que les enseignants ne sont ni des prestataires de service, ni des produits. C'est pourquoi il serait inconvenant de leurs appliquer la même mécanique d'évaluation que la dernière Playstation, par exemple.

La télévision publique en mutation

2008-01-21 07:24:32, par Hyacinthe MENIET - [Général]

Pendant sa conférence de presse du 8 janvier, le président de la république, Nicolas Sarkozy, a stupéfait l'assemblée en annonçant la disparition de la publicité des grilles de la télévision publique. Dans la mesure où la publicité représente environ 1 milliard d'euros du budget total de ces chaînes, il se posa assez logiquement la question des sources de financement destinées à se substituer à la manne publicitaire. Si une taxe sur la publicité des chaînes privées et les revenus des opérateurs de télécommunication a rapidement été évoquée, elle s'est promptement avérée insuffisante pour compenser le milliard d'euros ainsi perdu. Une semaine plus tard, le quotidien Les Echos indiquait que le gouvernement envisageait une nouvelle taxe sur tous les produits modernes pouvant recevoir la télévision : téléviseurs, ordinateurs et téléphones portables. Information confirmée par le ministère de la culture dans la foulée.

Dans la pratique, les contours exacts de ce projet restent inconnus. Le temps pour les ministères impliqués de recueillir les objections de chacun et nous devrions connaître dans les semaines qui viennent l'impact qu'aura une télévision publique vierge de pub sur nos porte-monnaies. La suppression effective de la publicité étant prévue pour début 2009, de mon point de vue il est acquis qu'il y aura une taxe. L'interrogation porte plutôt sur le sujet de la taxe. En choisissant de taxer à la fois les chaînes privées, les opérateurs de télécommunication et les consommateurs de télé, le gouvernement semble privilégier la voie du milieu. Néanmoins je me dis qu'il ne serait pas superflu de s'assurer que cette taxe ne se transforme pas en double peine pour les consommateurs. En effet il n'est pas saugrenu d'imaginer que les fournisseurs d'accès à Internet réinjectent cette taxe dans le prix des abonnements où dans leurs tarifs au détail. Ces augmentations s'ajouteraient alors à la taxe déjà prélevée sur les produits technologiques susmentionnés. D'où la double peine. C'est l'objet de ce billet : qu'est-ce que la télévision publique et comment la financer plus justement ?

TNTIl ne vous aura pas échappé que la montée en puissance des canaux numériques (e.g. la télévision numérique terrestre, les chaînes du câble et du satellite) affaibli les grandes chaînes généralistes et plus particulièrement les chaînes publiques. De fait, cette redistribution des audiences contribue à dissuader les chaînes généralistes d'investir dans le domaine de la cohésion sociale au profit de programmes plus accrocheurs ou plus rémunérateurs. Je pense à la télé réalité, je pense à la multiplication des écrans de pub et je pense à la nième rediffusion des aventures de l'inspecteur Derrick. Toutes ces dérives qui contaminent la télévision publique vont à l'encontre de ce pourquoi elle a été créée. J'y reviens plus bas. Ensuite, jusqu'à il y a un peu moins de trois ans, le PAF (e.g. le paysage audiovisuel français) se résumait à six chaînes de télévision : TF1, France 2, France 3, Canal + en clair, France 5/Arte et M6. C'est à dire qu'avec une simple antenne râteau vous ne pouviez recevoir que les six chaînes précédemment citées. Depuis l'arrivée de la TNT, avec la même antenne râteau couplée à un décodeur numérique, vous avez dorénavant accès à dix-huit chaînes gratuites. La plus-value pour le consommateur est évidente : plus de chaînes entraîne plus de programmes et in fine, suggère plus d'opportunités que ses aspirations se concrétisent dans une émission. Pour les chaînes publiques, cet enrichissement de l'offre s'accompagne plutôt d'une moins-value, puisqu'elles ne représentent plus que le quart du panel audiovisuel, contre la moitié il y a trois ans. Ce sont ces mutations dans la télévision telle qu'elle est consommée qui imposent aux responsables de médias publiques de repenser la télévision telle qu'elle est produite : son rôle, son positionnement, son contenu. Et c'est ce qui conduit à se dire qu'il n'est peut-être pas justifié de subir l'acharnement publicitaire y compris sur des chaînes que vous financez via des impôts et des taxes.

Steuart Britt, un journaliste américain, disait que « Faire du commerce sans publicité, c'est comme faire de l'œil à une femme dans l'obscurité. Vous savez ce que vous faites, mais personne d'autre ne le sait. » A priori, je distingue plusieurs nuances de pubs et à fortiori je ne suis pas pour qu'on les supprime toutes. Je pense par exemple que les publicités pour la sécurité routière ou celles qui incitent à ne plus fumer dans les espaces publics sont de bonnes annonces qui méritent d'être diffusées sur les chaînes publiques. De plus, une fois produites, ces publicités d'utilité publique ont vocation à être diffusées. Si elles n'empruntent pas le canal public, elles seront diffusées à travers des canaux privés et ce sera plus cher en plus d'être contre-productif. Non, je pense qu'il faut conserver un minimum d'espace pub dans les chaînes publiques avec un droit de regard sur le contenu. L'idée étant de ne diffuser que celles qui représentent un intérêt d'ordre général. Groupe de mots qu'il reste à expliciter. Ensuite, après avoir expurgé la télévision publique de ces pubs les moins intéressantes, les responsables des médias publics pourraient s'attacher à réconcilier le service public avec ce qu'il devrait être. Dans mon esprit, en profitant du potentiel offert par les réseaux numériques, les chaînes de télévision publique doivent continuer à développer des programmations qui rencontrent le public le plus large. Elles doivent ainsi se donner pour objectif de contenir les processus de segmentation et d'isolement culturel des différentes composantes du public. Le secteur public de la télévision peut perdre sa légitimité de diffuseur s'il ne rassemble plus autour des mêmes programmes. Il a également un rôle capital dans la conservation d'une industrie de programmes de haut niveau et doit maintenir une capacité centrale d'éditeur de programmes.

Terminons par le financement de la télévision publique. Je ne suis pas adepte des prélèvements en général et des taxes sur les produits technologiques en particuliers, comme en témoignent plusieurs de mes billets. Néanmoins je suis conscient de la nécessité de compenser la perte des revenus issus de la pub. De plus, il ne me semble pas choquant d'envisager que la télévision publique soit financée en majorité par des fonds publics. C'est pourquoi je suis favorable à la nouvelle taxe sur les produits qui permettent de recevoir la télévision. Je sais que les français sont friands de technologie et je me dis que si les envies des consommateurs continuent sur cette voie, la télévision publique aura les moyens des ambitions dont je parle ci-dessus. En revanche je suis contre la redevance audiovisuelle sous sa forme actuelle. Je pense que cet impôt s'est installé dans une sorte d'aise qui lui fait oublier, aujourd'hui, les raisons de sa mise en œuvre. La redevance audiovisuelle est à l'origine une participation des téléspectateurs servant à financer les médias publics. C'est donc un ticket d'entrée dont toutes les personnes qui résident en France et disposent d'un téléviseur doivent s'acquitter. Restons dans l'analogie avec l'univers du spectacle. Si vous avez assisté, in vivo, à un match de foot, de basket ou à un concert (liste non exhaustive), vous savez que les meilleures places sont les plus onéreuses et cela se comprend. Je pense que la redevance audiovisuelle devrait suivre le même principe. Je trouve singulièrement incongru de verser la même somme pour un tube cathodique « noir et blanc » de dix ans comme pour un écran plat plasma fraîchement sorti d'usine. Ne serait-ce que parce que les possesseurs des téléviseurs susmentionnés n'assistent pas au même spectacle. Je considère que le montant de la redevance audiovisuelle devrait être indexé sur le confort que procure l'objet, de la même façon que le prix final d'une automobile varie en fonction de la nocivité dudit véhicule sur l'environnement. Enfin, je me dis que la redevance télé devrait être dégressive jusqu'à s'annuler, justement parce que la qualité de l'image affichée décroît avec le temps. A méditer.

Bonne et heureuse année 2008

2008-01-01 00:11:23, par Hyacinthe MENIET - [Général]

bonne année 2008

Si je pouvais suggérer une bonne résolution pour l'année qui débute, ce serait d'en profiter autant que possible et surtout ne pas se prendre au sérieux. Je joins à cette carte postale de Grenoble, mes meilleurs voeux pour l'année 2008. Que cette année vous apporte santé, chance, bonheur, prospérité et amour.