Alerte sanitaire : l'Hantavirus, faut-il s'inquiéter ?

Hantavirus : découvrez les modes de transmission, symptômes, facteurs de risque et gestes de prévention essentiels

Alerte sanitaire : l'Hantavirus, faut-il s'inquiéter ?

Si vous avez vu passer l'actualité sur la croisière du MV Hondius, vous avez peut-être eu un petit frisson ... et c'est normal. Les mots comme « confinement, alerte sanitaire, etc., » rappellent de douloureux souvenirs ...

Avec le temps (et le COVID), j'ai appris une chose : quand un sujet santé fait le buzz, le meilleur réflexe, ce n'est ni la panique ni le déni : c'est le pragmatisme. Au-delà du buzz médiatique, dans cet article, j'essaye d'expliquer ce qu'est l'Hantavirus, comment il se transmet, quels sont les symptômes, et surtout les mesures de prévention concrètes à adopter, notamment si vous vivez à la campagne, si vous bricolez dans un cabanon, ou si vous nettoyez un grenier.

Hantavirus : c'est quoi exactement ?

La première question que vous vous posez peut-être est : « Est-ce que c'est comme le COVID ? » La réponse est : non. Les mécanismes et les situations d'exposition typiques ne sont pas les mêmes. Surtout, évitez les analogies rapides : elles font monter l'angoisse sans aider.

L'Hantavirus désigne une famille de virus présents chez certains rongeurs (selon les régions : campagnols, souris, mulots, rats…). Ces rongeurs peuvent être porteurs sans forcément paraître malades, et le virus peut se retrouver dans : l'urine, les excréments, la salive et la poussière contaminée dans des lieux où ils passent.

Ce qui rend le sujet sensible, c'est que l'infection humaine peut, dans certains cas, évoluer vers des formes graves. Mais il faut aussi le dire clairement : on ne l'attrape pas en croisant une souris à 3 mètres ! Le risque est surtout associé à des situations spécifiques, souvent liées au contact avec un malade au nettoyage ou à l'occupation de lieux contaminés.

Comment se transmet l'Hantavirus hors MV Hondius ?

La transmission la plus fréquente est l'inhalation de poussières contaminées. Le scénario classique, c'est celui-ci : vous ouvrez un vieux grenier, un garage, une remise, une cabane, un mobil-home resté fermé… Vous commencez à balayer, souffler la poussière, secouer des cartons, déplacer de la paille, des tissus, des isolants.

Problème : si des rongeurs ont laissé des déjections, le virus peut se retrouver dans de fines particules qui se mettent en suspension dans l'air. Et là, sans même s'en rendre compte, on peut inhaler ces particules.

Les autres voies possibles dépendent des souches et des situations. Concrètement, la transmission peut aussi se faire :

  • Par contact avec des surfaces contaminées puis mains -> visage (nez/bouche/yeux);
  • Via une morsure (plus rare) ;
  • Plus exceptionnellement via ingestion indirecte (mains contaminées).

Et la transmission entre humains, me direz-vous ? En réalité, ça dépend des souches et des régions du monde. Dans de nombreux contextes, la transmission interhumaine est très rare. Manque de bol, sur le MV Hondius c'est précisément la souche des Andes, qui se trouvent être transmissibles entre humains.

Si vous avez des symptômes (fièvre, fatigue intense, douleurs musculaires, maux de tête, parfois nausées, douleurs abdominales, etc.) + une exposition plausible (cas contact de malade avéré, nettoyage d'un lieu infesté, manipulation de nids/déjections, présence marquée de rongeurs), le bon réflexe est simple : appelez un médecin et mentionnez clairement l'exposition.

Qui est le plus à risque ?

Comme souvent, on n'est pas tous égaux face au risque, surtout parce qu'on n'a pas tous, les mêmes activités. Les situations les plus concernées sont :

  • Cas contact d'un passager du MV Hondius ;
  • Nettoyage de greniers, garages, dépendances restés fermés ;
  • Travaux en milieu rural, agricole ou forestier ;
  • Bricolage dans des lieux avec traces de rongeurs ;
  • Camping/habitats temporaires restés clos.

Prévention : les gestes simples qui font vraiment la différence

On arrive au cœur du sujet. Bonne nouvelle : la prévention est surtout une question de méthode.

  • En cas d'interaction avec un malade ou un cas contact : masque de protection respiratoire + lavage des mains soigneux à l'eau et au savon + éviter de toucher son visage.
  • Ne jamais balayer à sec dans un endroit suspect. À la place : aérez largement, attendez un peu pour renouveler l'air si possible et humidifiez les surfaces avant de nettoyer.
  • Évitez de secouer des tissus ou d'aspirer sans précaution : certains aspirateurs peuvent recracher de fines particules.
  • Réduire l'attractivité de votre logement pour les rongeurs. C'est-à-dire : stocker la nourriture dans des contenants hermétiques, boucher les points d'entrée (trous, bas de porte, gaines), gérer les déchets, etc.

Que faire si vous trouvez des crottes ou une souris morte ?

Réflexe naturel : on veut s'en débarrasser vite. Réflexe efficace : on le fait proprement. Ce qui revient à :

  • Aérer la pièce.
  • Mettre des gants (et masque si suspicion forte / poussière).
  • Humidifier + désinfecter la zone (sans faire voler la poussière).
  • Ramasser avec du papier absorbant/lingettes.
  • Jeter dans un sac fermé.
  • Désinfecter à nouveau la zone.
  • Se laver les mains soigneusement.

Conclusion : vigilance, oui. Psychose, non

Si vous deviez retenir une phrase de ce billet ? L'Hantavirus n'a rien à voir avec le COVID et surtout ne faites jamais voler la poussière dans un endroit où des rongeurs ont pu passer. Et si vous avez un doute après un contact ou une exposition, parlez en à un professionnel de santé en décrivant précisément la situation.

0 commentaire