Bleus au Mondial 2026 : on y a cru, et voilà ce que j’en retiens
Je ne sais pas vous, mais moi, j'ai un rituel de Coupe du monde, à chaque fois je me dis « je vais rester zen », ce n'est que du foot, puis, trois actions plus tard, je vis chaque touche comme si j'étais sélectionné à la place du latéral droit. Et cette Coupe du monde 2026 n'a pas dérogé à la règle. Les Bleus ont encore offert ce mélange typiquement français de maîtrise, d'éclairs de génie… et de frustration finale qui te laisse avec une phrase dans la tête : « On n'était pas loin. »
Le tournoi vient de s'achever, l'actualité autour de l'équipe de France tourne déjà à plein régime (l'arbitrage, les débats sans fin sur les choix de Deschamps, Zidane est le nouveau sélectionneur, etc.), et j'avais envie de poser ça ici, plus vécu, plus ressenti. On revient donc sur le parcours de l'équipe de France à la Coupe du monde 2026 : ce que j'ai aimé, ce qui m'a agacé, et ce que ça raconte sur le niveau (très haut niveau), mais aussi sur la petite marche qu'il manque encore pour tout rafler.
Une Coupe du monde qui fatigue les jambes… et les nerfs
Déjà, il faut en parler : cette Coupe du monde 2026, c'était un « Nouveau Monde ». 3 pays organisateurs, un tournoi plus long, plus dense, des stades immenses, de la pub toutes les 20 minutes, avec un calendrier qui laisse peu de place à l'erreur, et des adversaires qui, même quand tu les sous-estimes, sont capables de te punir sur deux transitions.
Et l'équipe de France, dans ce genre de contexte, a souvent deux visages :
- Le visage calme et clinique, celui que j'adore.
- Et le visage « on laisse le match s'emballer et ça devient une bataille », là, c'est plus compliqué.
Globalement, les Bleus ont navigué entre ces deux états, jusqu'à ce que les matches décisifs fassent payer la moindre hésitation.
Phase de groupes : l'équipe de France confirme son statut
Ce n'est pas la partie la plus glamour d'une Coupe du monde. Ce n'est pas là qu'on distribue les trophées. Mais c'est souvent là qu'on se complique la vie. Coucou les traumatismes de certains premiers tours. Donc quand tu vois l'équipe de France démarrer sérieusement, avec une forme de contrôle, tu respires.
Je n'ai pas eu l'impression d'une équipe perdue ou fébrile. Plutôt une équipe qui sait où elle veut aller. Pas forcément le football le plus spectaculaire à chaque minute, mais une gestion mature : gagner, avancer, économiser de l'énergie quand il faut. Et franchement, dans un Mondial, c'est une qualité sous-cotée.
Ce que j'ai aimé, c'est le pragmatisme sans panique. On le dit souvent comme un reproche (« c'est pas hyper sexy »), mais moi je vois aussi l'autre côté : la France n'a pas besoin d'être parfaite pour être dangereuse. Elle peut être moyenne pendant vingt minutes et marquer sur une action bien exécutée. Ça énerve l'adversaire, ça rend les matches pénibles à jouer contre nous et c'est très utile en tournoi.
Le tournant émotionnel : quand l'Espagne s'invite dans l'histoire
Je ne mentionne pas le huitième contre le Paraguay qui ne mérite même pas qu'on s'y attarde. Chapeau à la Suède puis au Maroc qui ont bien joué, mais l'équipe de France était au-dessus.
Et puis on arrive à ces matches-là. Ceux qu'on entoure en rouge sur le calendrier mental. Ceux où tu sais que tu ne pourras pas te cacher derrière « c'était un accident ». Affronter l'Espagne dans ce tournoi, c'est le genre de duel qui ne se joue pas seulement au football. Ça se joue dans la gestion des temps faibles, dans le réalisme, dans la capacité à rester discipliné quand l'autre te pousse à l'erreur.
Ce qui fait mal c'est cette impression que ça se joue à peu de choses. C'est toujours pareil : quand tu perds contre un gros à ce stade, tu as l'impression que « si » un détail avait tourné en ta faveur, tu serais de l'autre côté. Un duel mieux négocié, une action mieux défendue, une occasion plus nette, un ballon qui tombe du bon côté. Et ce qui est cruel, c'est que ce n'est pas une excuse : à ce niveau, le match est exactement ça, une addition de détails.
Et l'Espagne, sur ces moments clés, c'est du solide. Point. Félicitations !
La fin de tournoi : le match pour la troisième place, piège mental
La « petite finale » n'a rien de petit quand tu la joues, surtout face à l'Angleterre. C'est un match étrange : tu es déçu d'être là, tu es rincé, mais tu veux absolument finir sur une bonne note. Tu sais que c'est la dernière de Deschamps et tu veux lui rendre hommage, pour tout ce qu'il a fait. Et quand tu ne le gagnes pas, tu termines avec ce goût de fin incomplète, comme un film qui coupe avant la dernière scène. Voilà !
Mon bilan perso : je suis fier … mais pas satisfait
Je suis fier :
- Parce que la France a encore joué les premiers rôles.
- Parce qu'on a vu une équipe capable de gérer une (partie de la) compétition.
- Parce qu'il y a eu des séquences de très haut niveau, des moments où tu te dis : « OK, ils peuvent battre n'importe qui.”
Je ne suis pas satisfait, parce qu'au bout, il manque quelque chose. Pas un monde. Pas une révolution. Mais ce petit supplément qui transforme un gros parcours en trophée. Et c'est ça, le plus frustrant : quand tu sens que la distance est courte, mais que tu n'y es pas.
Finissons sur une note positive : Zidane, tu es revenu donc on oublie tout !