Actualité • 09 janv. 2010

Des scanners corporels pour déshabiller virtuellement

Des scanners corporels pour déshabiller virtuellement

Je suis récemment allé au cinéma voir le film 2012. Afin de préserver l'intérêt du film pour ceux qui iront le voir, je ne vous en ferai pas le pitch mais je vous donne la fin que tout le monde devine : l'effondrement de nos civilisations telles que nous les connaissons est prévue pour 2012. Ce film, au demeurant intéressant, stigmatise l'incapacité de l'humanité à protéger la main qui le nourrit. Plus généralement, ce film montre que l'homme est inapte à assurer sa survie dès lors que l'échéance est lointaine ou diffuse. Je suis en accord avec l'affirmation selon laquelle l'humanité est assez malhabile dès qu'il faut se projeter sur le long terme, mettons plus de 10 ans. Le sommet de Copenhague en propose une affligeante illustration. En revanche à court terme, c'est une autre histoire.

Vous avez probablement entendu l'histoire du nigérian Omar Farouk Abdulmutallab qui a essayé de faire exploser le vol Amsterdam-Detroit, le 25 décembre dernier ? Le jeune homme, âgé de 23 ans, a fort heureusement été maîtrisé par d'autres passagers avant qu'il n'ait pu faire exploser la penthrite répandu sur sa jambe. Quoiqu'il en soit, les conséquences collatérales de cet attentat avorté n'ont pas tardées :

C'est précisément l'arrivée des scanners corporels en France qui motive ce billet.

scanner corporel De quoi parle-t-on exactement ? En l'état, on distingue deux catégories de scanners corporels. La première catégorie, qui sera utilisée en France, emploie un rayonnement s'arrêtant à la surface de la peau. Ce type de scanner permet donc de distinguer tous les objets extracorporels que sont les bijoux, les sous-vêtements, les portefeuilles et les sachets de penthrite dissimulés dans une poche. La seconde est à base de rayonnements ionisants et pénètre la peau. Son principe de fonctionnement est assez proche de l'imagerie médicale ou des rayons X utilisés pour l'inspection de bagages. Ce dernier type de scanners offre naturellement des opportunités de perception accrues.

Continuons sur les dangerosités respectives : La direction générale de l'aviation civile (DGAC) considère la première catégorie de scanners comme inoffensive. Elle fonde cette affirmation sur la puissance des ondes qui seraient 500 fois moins puissantes que celles d'un téléphone portable. A contrario, le caractère ionisant de la seconde catégorie de scanners peut provoquer des brûlures ou des cancers en cas d'exposition prolongée ou régulière à ces ondes. Avis aux voyageurs réguliers. Enfin notons qu'aux Etats-Unis, les deux types de scanners sont déjà installés et opérationnels dans 19 aéroports. En France, plusieurs scanners de la première catégorie vont être commandés pour les aéroports parisiens et devraient être opérationnels d'ici à la fin du mois sur les vols à destination des Etats-Unis.

La majorité des articles que j'ai lus sur le sujet focalisent sur le non respect de l'intimité et la dangerosité pour la santé. Je pense qu'ils se trompent d'angles d'attaques pour ces 2 raisons :

Non, à l'aune de ces informations et pour élargir le débat, d'autres questions me taraudent:

Terminons ce billet par une citation de Thomas Jefferson : « Si tu es prêt à sacrifier un peu de liberté pour te sentir en sécurité, tu ne mérites ni l'une ni l'autre » . A bon entendeur !