Actualité • 03 mai 2006

Y a-t-il un pétrole dans l’avion ?

Y a-t-il un pétrole dans l’avion ?

Augmentation du prix du gaz chez Gaz de France, flambée du prix des carburants à la pompe, hausse du prix des billets d'avion chez Air France … Bref, voici une liste non exhaustive des conséquences de la flambée du prix du pétrole sur le quotidien de nombreux français. Le baril de brut coûtait 25 dollars à la fin 2002 il est aujourd'hui à 75 dollars. Pour ma part un seul commentaire : ça fait cher le pot de yaourt ! Oui, les pots de yaourts sont fait en plastique, un dérivé du pétrole. Pour expliquer cette situation la presse évoque généralement trois facteurs :

En premier, les Etats-Unis et la Chine : le premier est le paradis du 4x4 et le second est atteint de boulimie énergétique. On estime à 2 millions de barils par jour le déficit entre l'offre et la demande mondiale, mais on estime également que la production peut sensiblement augmenter si on investi suffisamment en amont pour améliorer l'extraction. C'est le deuxième facteur : le manque d'investissement. En dernier : les tensions géopolitiques. La plupart pense aux tensions au Moyen-Orient, notamment à la crise Iranienne. C'est vite oublier la Bolivie, le Venezuela et le Brésil qui ont annoncé leurs intentions de nationaliser leurs ressources pétrolières et gazières. Pour être vraiment précis, la Bolivie n'en est plus à formuler des souhaits, par la voix de son président Evo Morales, c'est un ultimatum qu'elle envoie aux compagnies étrangères : « la Bolivie et son pétrole tu les aimes ou tu les quittes », pour reprendre une formule en vogue quand on parle d'immigration à droite.

J'ignore la situation sur les autres continents mais en Europe je vois au minimum un quatrième facteur : le manque de volonté. Les chocs pétroliers se succèdent, en écho, depuis de nombreuses années les discours politiques nous abreuvent de phrases ronflantes et creuses sur les énergies renouvelables. Force est de constater que rien dans la pratique n'est fait pour encourager les alternatives à un coût raisonnable. Tout cela m'inspire deux réflexions : Premièrement, à moins d'être masochiste, le pétrole n'est pas encore assez cher, ni pour nos dirigeants ni pour nous même sinon nous ne continuerions pas à le gaspiller ainsi. Deuxièmement, si l'on considère que le pétrole est un cul-de-sac, s'équiper pour des énergies renouvelables dès aujourd'hui est préférable car cela permet de lisser leurs coûts dans le temps au lieu de se retrouver le jour fatidique, obliger d'y passer.