Politique • 01 avr. 2015

Elections départementales 2015

Elections départementales 2015

Dimanche dernier, le 29 mars 2015, nous étions une moitié d'électeurs à nous déplacer pour aller voter aux élections départementales. Depuis 20h de ce dimanche-là, nous connaissons les résultats définitifs : 67 départements à droite (il y en avait 41 avant l'élection), 34 à gauche (il y en avait 61 avant l'élection) et 0 pour le FN (il y en avait 0 avant l'élection). De mon point de vue, il s'agit du mouvement de balancier traditionnel en politique en France. Ma conviction est que :

Avant de dérouler ma pensée, il convient peut-être de rappeler le contexte ? Ainsi dimanche dernier, nous étions une moitié d'électeurs à nous déplacer pour aller voter aux élections départementales. Le cru 2015 de ces élections avait 3 particularités :

Le mode d'élection était en revanche assez classique. Il s'agissait d'une élection majoritaire à 2 tours. C'est-à-dire que pour emporter les 2 sièges d'un canton donné, il suffisait d'avoir la majorité absolue des voix en 1 sinon 2 tours sur ce canton. In fine, le département revenait au bloc qui obtenait la majorité absolue des conseillers départementaux. Simple, n'est-ce pas ?

Le contexte rappelé, revenons aux convictions et commençons par évacuer les commentaires tièdes que je lis un peu partout sur la toile :

En revanche, je pense que la victoire, revient clairement au FN. Est-il utile de rappeler que le FN est passé de 1 conseiller général à 62 conseillers départementaux ? Ou encore qu'en nombre de voix, au second tour, là où il était présent, le FN n'est pas loin de l'UPM-UDI ? Cette forte progression s'explique, de mon point de vue, par 4 facteurs :

Je pense que le FN a globalement réussi ces élections départementales et devrait encore mieux réussir les futures élections régionales. J'y reviendrai dans un autre billet. Néanmoins faute d'alliance, la « success story » s'arrêtera là. En effet, à tort ou à raison, une proportion majoritaire des électeurs continue de penser que le FN n'est pas un parti politique comme les autres. Dit autrement, une majorité des votants pense que les dérapages xénophobes voire racistes et/ou homophobes de certains candidats ou dirigeants du FN en font un parti à part. Néanmoins on constate que cette proportion d'irréductibles diminue d'élection en élection.

Pour finir, cette majorité d'irréductibles est peut-être elle-même le véritable front anti-Marine-Le-Pen. Concrètement, un électeur aux départementales 2015 du FN, pourrait légitimement se questionner sur l'intérêt de voter FN dès le premier tour de l'élection présidentielle 2017. En effet, vu que sa candidate de cœur sera battue au second tour, faute de réserve de voix, voter pour elle au premier tour, reviendrait à voter pour son potentiel adversaire au second tour.